Tout d'abord ; pourquoi ce lot a-t-il été exceptionnel alors que la ganadería de l'ancien maestro est des plus banales ?
Pourquoi ces toros sont-ils allés plus d'une quinzaine de fois au cheval ?
Pourquoi ont-ils fait preuve d'autant de caste ?
Pourquoi n'ont-ils pas été de simples collaborateurs offrant un triomphe facile aux hommes ?
Pourquoi les hommes en question ont-ils été débordés ?
Pourquoi a-t-on pu voir des toreros du haut de l'escalafon en perdition dans la lidia ?
De même pour les cuadrillas qui ont dû se demander pourquoi ces toros n'ont-ils pas été un minimum faible ? Et pourquoi n'ont-ils pas fléchi sur pattes alors que les picadors ont mis de grosses rations de fer ?
Qui aurait misé cent pesetas sur le triomphe des toros de José Miguel Arroyo ?
C'est étrange, ils étaient charpentés, bien faits, sans pour autant être terrifiants ; et auraient dû selon la logique rationnelle boire la muleta du Juli, n'est-ce pas ? Mais ils auraient surtout dû permettre à Victor Mendes de passer un après-midi de « jubilé » calme, loin des apocalyptiques Miuradas qu'il a pu affronter il y a plus de quinze ans maintenant.
Pourquoi tant de bravoure, de caste, de solidité, et même de noblesse ?
Pourquoi deux des six toros auraient pu obtenir une vuelta al ruedo posthume légitime ?
Pourquoi à peine dix personnes l'ont réclamée pour le dernier alors qu'elle était évidente ?
Pourquoi ces exemplaires du Tajo et de la Reina ont-ils montré une véritable fierté que n'ont pas les toros nobles basiques ?
Pourquoi plus de 10 000 personnes ont-elles pu voir à quel point les toreros-vedettes sont habitués aux monopiques et non à un véritable premier tercio ?
Pourquoi est-ce dérangeant pour certaines « figuras » que les bichos leur volent la vedette ?
Pourquoi l'entourage des toreros se sont-ils plaints de cette course alors que l'on a vu le lot de l'année ?
Pourquoi les toreros n'ont-ils en général pas été à la hauteur alors qu'ils auraient pu s'offrir un triomphe de premier ordre ?
Pourquoi les courses d'encaste Domecq ne sortent-elles pas toutes comme cela ? De quoi clouer définitivement le bec aux antis.
Pourquoi ce type de course montre-t-il que les aficionados toristas apprécient également ce genre de lot alors qu'ils sont sensés être des viandards purs et durs se limitant à certaines courses ?
Et pourquoi dit-on d'un torero en particulier qu'il est capable d'être à la hauteur de n'importe quel toro alors que dès que la moindre once de caste apparaît, le dominio disparaît ? Qui prétend cette aberration ?
Ces questions resteront encore longtemps, et ces six taureaux ont montré à quel point la corrida pouvait être belle, car c'est un spectacle unique, synonyme d'inattendu et de science inexacte. On ira revoir ces toros de Joselito, dans l'espoir de revoir une aussi belle course ; mais peut importe, car celle du 15 août 2008 à Bayonne a été exceptionnelle, et c'est déjà bien.
Florent
(Photo : José María Manzanares, le seul qui arriva par moments à se hisser au niveau des toros del "Tajo")




