Année neuve

Le mois de janvier est une porte, comme nous l'indique son étymologie latine, et il est d'une symbolique conformiste de souhaiter la bonne année tous les trois cent soixante-cinq voire trois cent soixante-six jours de notre existence afin de se préserver du mauvais sort ! La porte de 2008 s'est refermée, mais y aura-t-il une réelle différence entre cette année écoulée et celle de 2009 qui nous attend ? De plus, j'ai bien peur que l'on ait du mal à se sortir du contexte actuel, et en 2009 : les bombes tomberont encore, l'armée israélienne tuera de nouveau, même en France, la peine de mort existera toujours, on a pu le voir avec un exemple ultra récent... Je pourrais bien sur multiplier les exemples. Tant de problèmes sociaux, économiques ou autres seront toujours là, et ils ne pourront malheureusement être résolus.
C'est pourquoi je souhaite à tous ceux qui passeront par ici la santé – car c'est bien la chose la plus importante – le bonheur et la réussite. Je vous souhaite également une bonne temporada, car la tauromachie nous permet de nous évader, de sortir des réalités des différents JT et de ce monde aseptisé. J'aimerais simplement que l'on agisse par afición plus que par rentabilité ; j'aimerais également que certains arrêtent de donner de l'importance aux antis corridas pour s'en donner ensuite. L'avenir de la corrida est entre nos mains, et pas dans celles de personnes qui nous vilipendent sans même savoir en quoi consiste une corrida de toros et a fortiori, sans en avoir vu ! En résumé : soyons aficionados plus que jamais.

Bonne année à tous.

Florent

# Posté le jeudi 01 janvier 2009 15:26

Modifié le vendredi 02 janvier 2009 07:27

Virement de bord

Virement de bord
Devenir torerista, j'y avais pensé il y a quelques temps afin de me débarrasser de cette manie de l'éthique qui me possédait jusqu'alors. Car c'est vrai, pourquoi se préoccuper de l'éthique de la tauromachie ? Le système actuel fonctionne parfaitement, les corridas modernisées sont ce qui se fait de mieux, ce sont elles qui brassent le plus de spectateurs, qui font le plus couler d'encre, qui font le plus couper d'oreilles. Pourquoi se soucier de l'éthique alors que l'on peut se divertir à la vue d'un Julián López « El Juli », d'un Sébastien Castella ou encore d'un Javier Conde briller face à tant de noblesse, une noblesse qui n'est pas ingénue bien sûr, mais une noblesse exceptionnelle ! Car il n'était pas possible il y a encore quelques années de se délecter de ces admirables faenas de deux cent passes où l'on voit le torero au summum de son art, où le taureau est entièrement soumis à la grandeur du toreo, là où le sauvage est assujetti. C'est le breuvage que nous les aficionados du vingt-et-unième siècle demandons ; car quoi de plus merveilleux qu'une longue faena ? Avec des muletazos d'une éternité incomparable et avec un taureau collaborateur au possible.
C'est pourquoi messieurs les ganaderos, je vous incite à marquer les veaux d'une année supplémentaire afin qu'ils sortent en corrida formelle à l'âge de trois ans, pour qu'ils aient davantage de mobilité dans la muleta, mais aussi pour qu'ils soient moins armés. De ce côté-là, je vous recommande également de limer les cornes de vos produits un mois et demi avant la course et de l'annoncer préalablement aux toreros qui de ce fait seront rassurés de cette opération. Car c'est vrai, la corrida doit être humanisée, la peur doit être totalement enlevée au torero pour qu'il se mette en valeur le plus possible. Il faut modifier beaucoup de choses, tout d'abord diminuer la taille de la pique, ce qui constituera une étape préliminaire avant sa suppression totale, car quel spectateur aujourd'hui s'intéresse à ce tiers désuet ? Dans toutes les écoles taurines, on devra aussi entraîner les élèves à placer leurs épées le plus bas possible sur le carretón, une fois en piste, ils réitèreront et l'on pourra assister ainsi à des morts plus brèves, ce qui fera taire nos détracteurs.
Une corrida dite « torista » au sein d'une feria, mais quelle idée abominable ! Il faut à tout prix bannir ces corridas car elles constituent une séance de douleur pour nous les aficionados de ce siècle, nous ne sommes point masochistes et cela ne nous plaît pas de voir le tercio de piques s'éterniser alors qu'il ne devrait plus exister, nous sommes terrorisés dès que le taureau se met à montrer du danger, car ce n'est pas le but de la corrida, le torero doit briller ! Pour ce, nous demandons que nos abonos soient entièrement constitués de lots à triomphe et de toreros en vogue, nous vous prions messieurs les organisateurs de bannir de vos esprits les noms farfelus qui vous tentaient afin de fournir la corrida torista, oubliez Victorino Martín, Escolar Gil. Nous qui représentons le peuple, nous qui avons demandé l'indulto pour Desgarbado nous avons raison, car « vox populi vox dei », pour ce, nous vous faisons une demande expresse pour la temporada prochaine en vous demandant des lots de : Montalvo, Garcigrande, Victoriano del Río, Zalduendo, Luis Algarra et Manolo González. Si cette demande n'est pas accomplie, nous manifesterons notre désapprobation lors de la première corrida du cycle en déployant une banderole mentionnant « Nada tiene importancia si no hay arte, por una corrida modernizada : sí al fraude ». Nous devons nécessairement nous débarrasser de ces corridas d'un autre âge et pour encourager les vocations au toreo, offrir une oreille comme récompense minimale à chaque novillero sans picador pour sa prestation.
Etre torista est une réelle déconvenue, car l'on ne peut profiter pleinement des faenas qui nous sont proposées à longueur de temps mais que l'on se refuse à voir pour quelconque motif. L'important, c'est de voir des hommes toréer et triompher, le reste est dérisoire, mais sachez pour ce que le ganadero doit nécessairement adapter son bétail afin d'assurer le triomphe des toreros. Ainsi, toutes les arènes se rempliront, il sera possible de voir des faenas toujours plus longues et savoureuses, et l'on assistera à une découpe d'oreilles toujours croissante. Alors, comme moi, remettez-vous en question !

P.S : Ceci était bien sûr une plaisanterie, chacun sachant qu'aujourd'hui, 28 décembre, symbolise en Espagne « le jour des Innocents », ce qui est synonyme en France du 1er avril et de ses poissons...

Florent

(Photo : le fer de l'élevage basque "El Palmeral")

# Posté le dimanche 28 décembre 2008 03:58

Modifié le dimanche 28 décembre 2008 11:23

Euskal campo

Euskal campo
Chez El Palmeral, un après-midi de décembre.

# Posté le mercredi 24 décembre 2008 05:52

Modifié le dimanche 04 janvier 2009 12:50

Jamón industrial

Jamón industrial
On ne peut nier à l'heure actuelle l'existence de nombreux problèmes au sein du monde taurin. Et s'il y en a un que l'on évoque peu mais qu'il est désormais possible de traiter de manière large, c'est celui du publicitaire ! En effet, les affiches présentées deviennent de moins en moins attirantes et taurines, on se demande même sur quels critères se basent les jurys chargés de les choisir. Séville aime l'arte, l'esthétisme, le raffinement, mais comment se fait-il que les affiches de ses dernières temporadas soient aussi médiocres ? Le toro transpercé par une flèche l'an dernier était d'un goût douteux et celui de cette année appartenant à la génération « Mac Do » l'est également. Ce cartel de la saison 2009 représente ainsi parfaitement les maux du toro actuel ; avec l'obésité dont il souffre parfois, la bête en question est ici plus proche du quintal du b½uf de comice agricole que des cinq cent kilos du taureau athlète qui sortira en piste. Mais à travers cette « ½uvre », ce n'est pas le seul défaut qui ressort ; le taureau n'a pas de visage, comme s'il manquait de personnalité, de fierté, problème qui touche énormément de toros à notre époque, on ne compte plus les bichos d'une noblesse tonta et d'une grande sosería. De plus, les armures du toro sont peu respectables pour une arène de première catégorie !
Mais peut-être qu'en réalité, l'auteur de cette affiche voulait faire passer un message du troisième degré : ce toro représenterait en fait un organisateur s'engraissant sur le dos des aficionados en vendant une tauromachie dévaluée, triomphaliste et à but purement lucratif. Ne rêvons pas trop, car la réalité est moins belle et l'affiche est même répugnante.
Cela montre que l'on ne respecte plus le Toro, et le succès d'une corrida, cela passe aussi par une belle affiche qui attirerait et encouragerait les vocations d'aficionados plutôt que par un vulgaire dessin qui transforme notre passion commune en « art discount ».

Florent

# Posté le lundi 15 décembre 2008 17:55

Il y a vingt ans : Fréjus

Il y a vingt ans : Fréjus
Comme tout le Var et la Côte d'Azur, Fréjus est devenue depuis plusieurs décennies une ville fortement touristique et le remplissage de ses arènes en dépend fortement. Mais en matière taurine, il est intéressant d'étudier le cas de Fréjus car cette place est excentrique (dans le sens où elle est loin du centre et non « étrange ou marginale »), on y est en effet plus proche de l'Italie que de Nîmes, et il n'y a pas de proximité avec les autres arènes.
Fréjus est désormais une ruine ! Tout d'abord car les arènes romaines en sont réellement une à côté du bon état de celles de Nîmes et d'Arles ; mais c'est aussi une ruine car les arènes ne célèbrent plus de spectacles taurins depuis l'été 2006, faute aux recherches archéologiques entreprises sous la piste. Peut-être que les toros reviendront dans la cité fréjussienne d'ici deux ans, l'afición locale devra pour cela ½uvrer avec acharnement et pourquoi pas apporter du sérieux aux courses présentées, si bien sûr l'histoire ne s'est pas arrêtée en 2006...
En 1988, deux spectacles taurins composaient la temporada de Fréjus, ils eurent bien évidemment lieu l'été afin de brasser le plus d'affluence possible. Ne dégageant pas une réelle identité taurine, la ville a connu une temporada morne.
Pour inaugurer ce cycle, une corrida mixte avait lieu le 17 juillet avec des bêtes issues des corrales de Nîmes et non combattues à la feria de Pentecôte ! A cheval, Luc Jalabert et Marie Sara affrontèrent chacun un exemplaire de la devise portugaise de Oliveira Irmaos, de petit gabarit. Celui pour Jalabert mourut dès le troisième rejón de castigo. Quant à la lidia à pied, il y avait un toro de Manolo González morne et trois José Luis Marca qui firent étrangement preuve d'une solidité de pattes et donnèrent du jeu ! Pepe Luis Vargas fut le plus torero et obtint une oreille après un effort méritoire alors que José Antonio Carretero se mit sur le passage et livra deux actuations populaires pour ne pas dire dignes d'un voleur de poules ! Il reçut deux fois une oreille et empocha le prix Ricard mis en jeu. Faible assistance pour cette course, peu d'afición dans les tendidos et au palco de la présidence technique qui fut apathique ; limitant parfois le premier tercio à une seule rencontre alors que certains exemplaires auraient pu en recevoir davantage !
Il y eut enfin une novillada intégralement française le lundi 15 août. Mais les sept novillos de Jean-Marie Pourquier rendirent le spectacle affligeant, sans trapío, extrêmement faibles et sans caste. Les jeunes toreros durent jouer aux infirmiers tout l'après-midi. Il y avait là aussi Marie Sara qui affronta le bicho le plus solide du jour, mais elle fut incapable d'estoquer son adversaire et laissa la tâche au subalterne français Lauri Monzon. Côté pédestre, il y avait Stéphane Fernandez Meca qui s'efforça à faire les choses bien face à deux limaces, il montra une véritable torería et de la technique. Juan Villanueva dût se contenter d'aller chercher ses adversaires collés aux planches alors que Denis Loré eut plus de chance car malgré une faiblesse chronique, son lot tînt debout sans s'écrouler, ce qui est une prouesse si l'on compare au reste du lot ! Loré fît ainsi étalage de son talent et donna les meilleures séquences de l'après-midi face au bétail le moins faible. Triste spectacle et triste temporada en résumé...
Espérons que si des corridas sont organisées à l'avenir à Fréjus, qu'elles ne soient pas de ce genre !

Florent

(Cliché aérien issu d'internet)

# Posté le lundi 15 décembre 2008 13:00

Modifié le lundi 15 décembre 2008 13:48