Victor Iouchtchenko à la mode

Victor Iouchtchenko à la mode
Les présidences techniques sont-elles partisanes de Victor Iouchtchenko ? On est en droit de se poser une telle interrogation ! En effet, les présidents sont de plus en plus nombreux à faire dans l'ostentatoire et à vouloir arborer au balcon un tissu orange. Couleur représentant comme vous l'aurez compris le président de la République ukrainienne : Victor Iouchtchenko.
Son mouvement politique ayant symbolisé un changement historique pour cet ancien pays du bloc communiste. La multiplication des mouchoirs oranges au palco ne serait-elle pas également un tournant dans le domaine tauromachique ? Pour ma part, je ne pense pas que ce signe soit de bonne augure...
Mais bien au-delà des présidences techniques, Victor Iouchtchenko semble être l'idole d'autres personnes ; et notamment de certains chroniqueurs taurins. A propos d'une novillada non piquée dacquoise ; on pouvait lire ceci au travers des colonnes du quotidien régional Sud-Ouest du dimanche 17 août 2008 (de la plume du plus célèbre des chroniqueurs taurins de cette région) :
« GUARDAMONTE IN MEMORIAM
Quatre novillos splendides du comte de Mayalde [...] Apercevoir un mayoral se cacher pour pleurer est une émotion rare. Hier, vers 12h50, Andrés, le régisseur de l'élevage du comte, sortit son mouchoir au passage de la dépouille du quatrième cornu, Guardamonte, numéro 8, de robe fougère et tableau noir. Un novillo d'exception qui méritait selon nous de continuer à vivre et procréer. La présidence ne l'a pas jugé ainsi. [...] Cette splendide matinée où planera encore l'ombre marron de Guardamonte qu'un coup de pouce à l'envers ne devait pas condamner »


Ce qui explique pourquoi vingt-deux jours plus tard, on n'eut point de scrupule à gracier un taureau non piqué das les mêmes lieux ! Art de la préméditation quand tu nous tiens !

Florent

(Photo : Un Conde de Mayaldax)

# Posté le dimanche 18 janvier 2009 19:26

Rareté

Rareté
Un bicho de pelage colorado chez El Palmeral ! Chose peu banale dans cet élevage d'origine Conde de la Corte via celui de Antonio Ordóñez Araujo. La ganadería basco-française a fait combattre sa première novillada piquée le 5 septembre 1996 à Ronda, les trois jeunes qui l'ont affronté à l'époque ont connu des chemins divers. Il s'agissait de Morante de la Puebla, de David Vilariño et de Rafael Cañada.

Quant à moi, je vous dis à la semaine prochaine.

Florent

# Posté le mercredi 14 janvier 2009 03:16

L'apport des corridas-concours

L'apport des corridas-concours
Se tourner vers le passé peut parfois être une chose bénéfique, cela permet de se donner des références, on gagne également en recul. Ceci est valable pour énormément de choses, et si étrange que cela puisse paraître, c'est aussi le cas pour les reseñas...
A la lecture d'un compte-rendu d'une novillada de María Luisa Domínguez Pérez de Vargas de 1988 à Roquefort-des-Landes, une phrase m'est apparue comme véridique et m'a fait bondir, comme si elle aspirait à la sagesse :
« Regrettons une fois de plus les man½uvres coupables des piqueros, détournant le tercio de sa finalité originelle. Il est grand temps que les instances taurines se penchent sur ce problème. Les corridas-concours n'ont-elles pas suffisamment démontré que les piques données dans les canons n'altéraient en rien les qualités physiques et psychiques du bétail ? » A un moment où l'on évoque tant de changements, on note que certaines hypothèses ont été oubliées en route. Dont celle qui nous est livrée par ce compte-rendu, je ne vais d'ailleurs pas là paraphraser car vous l'avez bien lue ! Même si les corridas-concours ne sont plus vraiment ce qu'elles ont pu être ; il est vrai que cette idée de calquer les tercios de piques sur le modèle des concours est excellente.
Car c'est vrai, il faut aérer le tercio de piques ! Laisser en piste les seuls responsables de la lidia – j'entends par là le picador, le matador et les membres de sa cuadrilla – ; faire partir le bicho de plus en plus loin au fur et à mesure des rencontres, autant de fois que ses forces l'exigeront !
La récente corrida concours de San Sebastián d'avril 2008 avec des bêtes d'origine Domecq a appuyé cette thèse. En effet, il a été possible d'apprécier des taureaux de Zalduendo et de Fuente Ymbro à leur juste valeur, avec un tercio de piques exécuté dans les règles, ils reçurent trois piques chacun sans subir d'altérations pour le reste de la lidia.
A méditer...

Florent

(Photo : un Valdefresno sous le fer à Bayonne. Que fait ce peón derrière la monture ?)

# Posté le dimanche 11 janvier 2009 20:23

Le monopole du marché et de l'humour !

Le monopole du marché et de l'humour !
- Dans la famille Domecq : je choisis Fernando !
- Fernando ?
- Oui Fernando, le propriétaire de la ganadería Zalduendo ! Un élevage de souche Domecq comme il en existe plusieurs autres. Bonsoir euphémisme !
- Mais pourquoi Fernando au fait ? Pourquoi pas Juan Pedro ?
- Non Fernando ! J'ai choisi Fernando ! Car il veut un indulto !
- Ah oui ? Un indulto ?
- Oui un indulto ! A la Maestranza qui plus est !
- Mais tu as vu ça où toi?
- !
- Mais qu'est-ce qui te gêne dans ce qu'il dit Fernando ?
- Et bien il a dit ça : « es una verdadera pena que nunca se haya indultado un toro en la Maestranza, porque es el marco grandioso para pregonar la Fiesta. El toro indultado es el triunfo de una idea »
- Et ça veut dire quoi ça ?
- En fait Fernando il a dit – je cite – : c'est une vraie peine qu'il n'y ait jamais eu d'indulto à la Maestranza, car c'est une marque grandiose pour promouvoir la fiesta brava. Le toro gracié est le triomphe d'une idée.
-Tiens pregonar, c'est marrant ce terme, j'ai regardé dans le dico hispano-français pour savoir ce que c'était, il m'a proposé deux sens : pregonar : 1) publicar en voz alta un asunto de interés público / 2) anunciar a voces la mercancía para venderla
- Ah ouais quand même ! Je trouve que ça colle parfaitement avec la réalité ce terme ! On veut littéralement vendre l'indulto ! Regarde ! Il y en a tous les quatre jours en Amérique des indultos, moi je te le dis, dans quelques années ce sera pareil ici ! Et puis un indulto de nos jours, c'est quelque chose de dévalué ; une sorte de réputation à vendre. Fernando dit que Séville en a « besoin », mais ce n'est pas une drogue pourtant ?
- Hélas l'ami c'est ainsi ! On ira au Portugal à l'avenir, au moins là-bas pas de surprise : ils gracient les six !

P.S : C'est réellement déplorable de découvrir des interviews de ce genre. De plus, l'élevage de Zalduendo commençait à remonter dans mon estime avec l'excellent taureau du concours de San Sebastián l'année dernière. A l'avenir, on espérera voir des toros dans ce style issus de cet élevage, mais on s'affranchira des toritos de la camada et de l'éleveur...

Florent

# Posté le samedi 10 janvier 2009 15:31

Réflexion sur le terme « illidiable »

Réflexion sur le terme « illidiable »
Le mot « Illidiable » est un barbarisme à la formation incorrecte ; car formé d'un préfixe privatif français puis d'un terme taurin espagnol. Son utilisation est assez fréquente dans les reseñas en langue française. On qualifie bien souvent d'« illidiable » un taureau manso voire compliqué donnant du fil à retordre aux cuadrillas en piste. Mais cette utilisation est-elle faite à juste titre ?
Car littéralement ce terme désignerait la bête « qui ne peut pas être lidiée ». Mais est-ce le cas pour ces taureaux que l'on vise la plupart du temps ? Après tout, on a déjà vu des Miguel Zaballos ou des Dolores Aguirre mansos con casta intéressants et ayant une lidia à part entière. Il en est de même pour les bichos compliqués développant du genio dès les premiers tiers. En utilisant le mot « illidiable », ne devrait-on pas plutôt cibler les taureaux incapables de supporter la lidia en question ? Ceux pour lesquels les aficionados doivent se serrer la ceinture en matière de tercio de piques en échange d'une faena qui sera tout de même d'infirmier ; ces taureaux dont on sait d'avance qu'ils ne prendront pas plus d'un picotazo.
Or ce terme n'est pas applicable aux mansos con casta et aux bichos compliqués. Ce qui me fait ainsi dire que chaque taureau a sa lidia, du moins celui qui est capable de la supporter...

Florent

(Photo : Rubén Pinar avec un Gallon aux portes de la becerrada l'été dernier à Garlin)

# Posté le samedi 10 janvier 2009 06:00