Cette corrida symbolisant le dixième anniversaire de la tauromachie à La Brède commença avec une vingtaine de minutes de retard, les organisateurs justifiant dans un premier temps ce retard par une importante affluence à la taquilla puis dans un deuxième par le fait que les chevaux de picadores basés à quelques centaines de mètres des arènes n'ont pas été rapatriés à l'heure du paseo.
En piste et avec des arènes presque pleines, 6 Toros de la ganadería de Los Bayones (origine Atanasio Fernández – Lisardo Sánchez) fraîchement débarqués du camion où ils restèrent presque tout l'après-midi. Commodes de tête les trois premiers et mieux présentés les trois autres.
Tous nobles et maniables à divers degrés, le premier faible, le second éteint en fin de parcours, le quatrième noble de la droite mais n'humiliant pas du côté gauche, pourtant honoré d'une vuelta al ruedo posthume, le cinquième juste de forces et finissant retranché, le sixième sans grande transmission. Total de 8 rencontres avec la cavalerie pour le lot.
Julien Lescarret (fuschia et or) : salut au tiers et 2 oreilles
Fernando Cruz (cerise de Céret et or) : 1 oreille et 1 oreille
Iván Fandiño (ivoire et noir) : silence et 1 oreille
Avant de rentrer dans les détails, je tenais à préciser que d'une tarde banale et sans grande histoire, l'euphorie du public girondin et la générosité de la présidence technique ont conduit à un résultat « triomphaliste » reflétant assez mal ce qui s'est déroulé lors de cette course où le toreo de profil a été prédominant et où aucune estocade correcte n'a été dénombrée.
Julien Lescarret était donc le chef de lidia après le forfait du colombien Cristobal Pardo blessé à l'épaule dans son pays une quinzaine de jours auparavant. Le premier Bayones rentra au pas dans le ruedo girondin et ne s'employa pas totalement dans la cape du torero, faible, il prit une ration de fer sans pousser, Lescarret débuta sa faena par des statuaires au centre de la piste avant d'alterner pendules, molinetes, redondos, manoletinas... le tout de la droite, rien du côté gauche, il tua ce noble adversaire d'un pinchazo, d'une entière tombée horizontale et d'un descabello, pétition minoritaire et salut au tiers pour le torero landais.
Le quatrième du nom de « Madrigalo » était mieux présenté, il fut conduit au cheval par chicuelinas et reçut un picotazo puis une pique dans l'épaule. Faena la aussi exclusivement droitière, à peine trois muletazos à gauche, le torero « constatant » que le toro n'humiliant pas de ce côté-ci, il n'était pas bon de prendre davantage de risques. Labeur à portée sur le public de la part de Julien Lescarret qui usa de sa voix pour transmettre aux tendidos, fin habituelle pour réchauffer cette assistance avec des redondos inversés puis mise à mort avec un mete y saca, une entière plate et un descabello, public jubilatoire et deux oreilles pour Julien Lescarret... plus un mouchoir bleu synonyme de vuelta sorti par le président pour honorer un toro banal car peu piqué et toréé d'un seul côté... Aux innocents les mains pleines.
Le second promis au sorteo à Fernando Cruz sortit en piste avec une légère boiterie, le torero madrilène distilla quelques bons muletazos des deux côtés face à un adversaire noble de la droite, mais à la charge plus désordonnée de l'autre côté, il s'éteignit au fil des passes, Cruz obtint une oreille après une entière tombée.
Son deuxième adversaire était maniable et juste de forces, de courte charge du côté gauche, il termina retranché aux planches, combat très ordinaire. Une oreille plébiscitée et obtenue par le public pour permettre à Fernando Cruz de rejoindre à hombros Julien Lescarret. Recherche de triomphalisme...
Enfin le troisième torero de ce jour était le basque Iván Fandiño. Il accueillit son premier par des véroniques templées, c'est à peu près la seule chose de notable pour le torero durant cette tarde, on pu surtout voir une cuadrilla dépassée, notamment au sixième où le second tiers fut éclatant de médiocrité, les rehileteros posant respectivement : une paire sur le flanc près du numéro du toro, une autre dans le morillo à proximité de la devise et une dernière venant fleurir l'épaule du toro salmantino. A la muleta, le troisième Bayones fut surtout noble du côté droit comme ses autres congénères, Fandiño réalisa une faena quelconque et estoqua son toro d'un bajonazo... Le combat au sixième se perdit dans la longueur et dans le peu de transmission occasionné par les deux protagonistes. Le basque devant s'en remettre au trémendisme avec pendules, desplantes et fioritures sans effet sur le toro, fioritures qui parfois peuvent orner de très belles faenas, mais ici utilisées pour combler une lidia quelconque et sans base. Mauvaise mise en suerte au moment de tuer et nouveau bajonazo porté sur le passage, atterrissant de plus dans le flanc du toro... Le public montrant l'envie de faire monter Iván Fandiño sur le dos des costaleros, le président donna une oreille avant de refuser avec raison la seconde. Mais comment peut-on parler de raison tellement qu'accorder la première est déjà ridicule.
Pour finir, les toreros invitèrent le jeune mayoral Fernando Sánchez Muriel à saluer.
Salut de trop... le sérieux de la corrida se perdant totalement avec la sortie à hombros de celui-ci aux côtés de Julien Lescarret et Fernando Cruz. Le chemin de croix continue pour les présidences techniques avec un laxisme indigne d'une autorité et une mélomanie toujours présente puisque l'harmonie joua durant la faena des 6 toros...
Triste image d'une recherche de triomphe collectif alors que le spectacle fut banal et sans grande émotion.
TOROS
1. « Cantinillo » - n°98 - negro meano - 490kg - né en Mai 2003 – 1 pique – applaudi
2. « Cupletero » - n°96 – negro meano – 485kg – né en Mai 2003 – 1 pique –applaudi
3. « Cardinoso » - n°94 – negro – 480kg – né en Février 2003 – 1 pique – applaudi
4. « Madrigalo » - n°97 – negro – 490kg – né en Mars 2003 – 2 piques – vuelta al ruedo
5. « Cigarro » - n°67 – negro – 518kg – né en Octobre 2002 – 1 pique – applaudi
6. « Picadillo » - n°6 – negro bragado – 520kg – né en Mai 2003 – 2 piques – silence
Florent
(Photo : est-ce bien indispensable?)




