Villeneuve-de-Marsan (Landes) – Mardi 7 Août 2007 – 19h – novillada non piquée

Villeneuve-de-Marsan (Landes) – Mardi 7 Août 2007 – 19h – novillada non piquée
LES ESPERANCES DE LA TERRE LANDAISE

Sous un ciel plafonnant et avec une température agréable, la tauromachie espagnole revenait à Villeneuve-de-Marsan où la dernière novillada piquée eut lieu le 21 Juillet 2004 avec un mano a mano entre Alejandro Talavante et José Luis Torres. En ce jour, les charmantes petites arènes bordées de platanes accueillaient une novillada sans picadores clôturant les fêtes du village. Au cartel trois jeunes nés de cette terre landaise, la novillada se déroula dans une ambiance bon enfant et avec un président réputé pour sa générosité.
C'est le voisin venu du Frêche, Thomas Dufau, qui ouvrait le bal face à un eral correct de présentation, il invita son ami Mathieu Guillon à banderiller puis dédia ensuite son travail à Jacques Gruet du Cercle Taurin Villeneuvois, il instrumenta une bonne faena des deux côtés face à un adversaire noble à souhait qu'il estoqua après une ultime série de passes de poitrine d'un pinchazo et d'un bajonazo. Oreille immédiatement concédée par Manolo Gloria « Le président qui dégaine les mouchoirs blancs plus vite que son ombre »
Le quatrième était plus sérieux et armé, au pelage noir avec de multiples tâches blanches, second tiers de nouveau partagé avec l'autre novillero, Thomas Dufau posant une paire exposée, puis un violin peu orthodoxe comme il en est d'usage. Début de faena assis à l'estribo comme le faisait maître José Miguel Arroyo « Joselito », malgré une légère faiblesse et des assauts plutôt courts, le pensionnaire de l'élevage de Los Bayones se montra noble et maniable dans la muleta de Thomas Dufau, qui toréa de nouveau de la droite comme de la gauche, avec des ornements tels que molinetes, passe de espalda, redondos inversés, et pour finir des manoletinas et un autre bajonazo, l'eral se couchant une première fois mais étant ressuscité par la puntilla peu habile de Patrice Pouey, il résista debout, faisant honneur à son encaste Anatasio Fernández – Lisardo Sánchez, il fut ovationné à l'arrastre, alors qu'une fois puntillé, deux mouchoirs blancs étaient déjà perceptibles au balcon...
L'autre novillero du jour était Mathieu Guillon, venu de la capitale... Mont-de-Marsan. Son premier adversaire était largement armé vers le bas, manso à son entrée, il chercha ensuite les chevilles du landais qu'il trouva à la cape. Muleta en main, Guillon ne put jamais canaliser cet eral de Los Bayones compliqué et donnant du fil à retordre, le Montois frôla l'accrochage à chaque passe, et reçut une oreille après un bajonazo provoquant une hémorragie.
Ne désirant pas voir Thomas Dufau sortir seul à hombros avec trois oreilles en poche, Mathieu Guillon se mit à genoux face au toril pour accueillir le dernier Bayones de l'après-midi, qui sauta au-dessus du Montois. Ce dernier se sauvant des cornes du novillo d'une larga à genoux après être tombé à terre avant le second tercio. Après une paire por dentro de Thomas Dufau, le peon El San Gilen goûta à la fraîcheur aérienne des Landes, étant soulevé en faisant la brega, dernier quiebro dangereux de Mathieu Guillon. Eral noble à la muleta mais novillero toréant dangereusement et parfois électriquement, ce qui a le pouvoir de transmettre mais qui aboutit presque systématiquement en fin de série par un avertissement. Mort en trois temps dont une épée atravesada et une oreille tomba du palco, ce qui permit au Montois de rejoindre son compatriote en triomphe.
En troisième position officiait le jeune cavalier de Roquefort-des-Landes, Thomas Baqué, opposé à un novillo plus lourd que ses congénères. Le garçon toréa dans un ruedo petit et peu propice à la tauromachie équestre, inégal tant avec les farpas qu'avec les banderilles face à un Bayones maniable, il connut quelques frayeurs, les flancs de ses chevaux épargnés à chaque fois de justesse. Mise à mort prouvant les débuts du jeune dans le rejoneo avec une affreuse atravesada et un rejón paralysant le novillo, vuelta de son propre chef.
Quant au sobresaliente nîmois Julien Folco, il réalisa deux quites, l'un au quatrième par véroniques avec verdeur, l'autre au cinquième plus quieto, par navarras.
Sortie en triomphe de Thomas Dufau et Mathieu Guillon au soleil couchant pour clôturer cette sympathique fin d'après-midi.


Villeneuve-de-Marsan (Landes) – Mardi 7 Août 2007 – 19h – novillada non piquée

5 Erales de Los Bayones, bien présentés, plus sérieux les deuxième et quatrième, nobles les premier et cinquième, manso puis dangereux et compliqué le second, noble mais de courte charge le quatrième, le troisième pour le rejoneo, maniable.

Thomas Dufau (lilas et or – Le Frêche) : 1 oreille et 2 oreilles
Mathieu Guillon (vermillon et or – Mont-de-Marsan) : 1 oreille et 1 oreille
Thomas Baqué (veste noire – Roquefort-des-Landes) : vuelta

Sobresaliente : Julien Folco (mauve et or – Nîmes)

Erales de Los Bayones
1. n°57 negro bragado – applaudissements à l'arrastre
2. n°78 negro – applaudissements à l'arrastre
3. (rejoneo) n°16 negro – applaudissements à l'arrastre
4. n°92 negro salpicado – ovation à l'arrastre
5. n°91 negro meano – applaudissements à l'arrastre

Temps couvert avec quelques éclaircies (19 degrés) Durée : 1h55. Quasi plein. Président : Manolo Gloria. Retour de la tauromachie avec mise à mort à Villeneuve-de-Marsan après quelques années d'interruption. Novillada organisée par le Cercle Taurin Villeneuvois dans le cadre des fêtes locales, elle était prévue le Jeudi 17 Mai à 16h mais fut reportée à cause de la pluie.

(Photo : Thomas Dufau avec le noble premier)

Florent
# Posté le mercredi 29 août 2007 15:52
Modifié le lundi 10 novembre 2008 14:33

Parentis-en-Born (Landes) – Dimanche 5 Août 2007 – 18h – novillada piquée

Parentis-en-Born (Landes) – Dimanche 5 Août 2007 – 18h – novillada piquée
LA NOSTALGIE DU TORO BRAVO

On ne sait jamais à quoi s'attendre d'un élevage méconnu dans les ruedos... mais pourtant célèbre car étant le plus ancien d'Espagne, celui des « Moruchos castellanos » ganadería dite de Raso de Portillo qui se présentait en France en ce premier Dimanche du mois d'Août. Ces toros de la tierra sont élevés sur les terres du village de Boecillo près de Valladolid depuis le XIIIème siècle. Et le ciel gris surplombant les arènes Roland Portalier vit ces bêtes antiques vendre chèrement leur peau. Ce sont trois jeunes candides de blanc vêtus qui les affrontèrent.
Le premier exemplaire de cette novillada était une estampe au pelage rouquin, face à lui, Pedro Carrero, qui se montra transparent tout le long de cet après-midi. Ce premier laissait entrevoir des possibilités à condition de se mettre devant, mais hélas, le novillero madrilène resta distant, sans se croiser, son novillo finissant avisé, mise à mort en trois temps, silence pour Carrero.
En jeune téméraire, Alberto Lamelas alla se mettre à portagayola pour accueillir le second, un superbe novillo grisâtre qui prit ensuite deux rations de fer en poussant. Après des banderilles partagées avec El Santo, le novillero andalou sembla prendre ce combat à la légère face à un brave adversaire, suite à deux séries droitières, il reçut une forte voltereta heureusement sans conséquences mais lui faisant prendre conscience du danger présent. Son adversaire devenant très avisé après cet incident, public refroidi et mort laborieuse avec huit tentatives épée et descabello confondus, ovation à la dépouille du novillo.
Egalement très bien présenté le troisième qui en brave reçut trois rations de fer, second tercio de nouveau partagé, cette fois-ci par El Santo. Brindis au public du jeune landais, début de faena par le bas. C'est voûté et le bras allongé qu'il cita le Raso de Portillo, ce dernier l'accrocha violemment et en se relevant, El Santo vît son sang s'étendre sur l'habit de lumières, la cuisse percée, il fut immédiatement évacué vers l'infirmerie, puis l'hôpital. Unique erreur non pardonnée par le genio du novillo. Apathique et déjà hors du coup, Pedro Carrero ne chercha pas à tirer ne serait-ce que quelques muletazos à ce bicho venu du passé, quatre tentatives épées en main sans s'engager et deux descabellos nécessaires à achever ce novillo inédit et injustement sifflé par une partie du public, quel dommage de ne pas avoir vu ce qu'il valait réellement. En tant qu'aficionado a los toros, je me suis levé et j'ai applaudi, car à la pique il fut brave, mais la suite, un mystère...
Sentant l'atmosphère des soirs de guerre monter, c'est avec un bandage à la jambe qu'Alberto Lamelas retourna à portagayola. Sortit du toril un novillo salinero, magnifique pelage blanc aux tâches rousses, entrée en matière spectaculaire de la part du novillero. Puis moment d'émotion car rare, grande bravoure du novillo à la pique avec trois rencontres en poussant davantage à chaque reprise. Des banderilles d'Alberto Lamelas, une seule paire est à retenir, un superbe quiebro au centre du ruedo. Brindis à la cuadrilla d'El Santo, blessé au novillo précédent. Début de faena à genoux et novillo brave et encasté dans la muleta, labeur courageux mais l'homme fut dépassé par la bravoure de la bête. Si cette novillada avait eu lieu une quinzaine d'années auparavant, je lui aurais sûrement donné pour titre « Parentis-en-larmes » devant cet extraordinaire exemplaire de Raso de Portillo, le public n'aurait peut-être pas accepté cette lidia spectaculaire et peu adaptée à ce type de toro, mais de nos jours, cela est presque devenu coutume dans ces conditions. Volonté de triompher d'Alberto Lamelas et beaucoup de transmission dans ses muletazos, fin par bernardinas et bajonazo... ce grand novillo s'obstinant à mourir debout. Une oreille et double vuelta pour le novillero après pétition de deuxième cartilage auriculaire, logiquement non accordé comme la veille. Mais scandale, car pas de vuelta pour ce novillo, qui fut peut-être le plus brave combattu cette année dans l'hexagone, grande ovation comme maigre reconnaissance, mais ce toro blanc porteur du numéro 79 restera dans les mémoires de nombreux aficionados présents.
Le quinto dû être changé à l'issue de la deuxième pique pour patte avant droite cassée, magnifique le sobrero de Jalabert et astifino, il fut littéralement assassiné par le picador de Pedro Carrero ensuite exclu par l'alguazil montois Robert Soldeville, grande bronca. Chemin de croix pour le novillero toujours distant de son adversaire maniable mais court de charge, Carrero donnant des muletazos sans conviction, il quitte ainsi Parentis dans l'ignorance et l'anonymat.
Mort de faim, Alberto Lamelas accueillit le dernier à portagayola, son novillo reçut quatre piques inégalement dosées mais en poussant les trois premières, prix mis en jeu attribué à son picador. C'est pourtant bien le quatrième qui a occasionné le meilleur tercio de piques de cette novillada, et de la temporada qui sait... Faena courageuse de Lamelas face à un adversaire encasté, frôlant l'accrochage à chaque instant, plus guerrier que torero et peu souvent quieto. Fin par pechos et manoletinas comme le faisait Damaso González, mort longuette et vuelta autoproclamée après un avis.
Mais quelle intensité proposée par ce lot de Raso de Portillo ! Il ne serait pas étonnant que cette novillada soit primée en fin de saison, salut du mayoral à l'issue du spectacle, une vuelta n'aurait pas été usurpée. Les toros furent au-dessus des jeunes, ce qui est compréhensible compte tenu de leur expérience. Elevage à revoir très vite et excellent cru 2007 pour la Sent Bertomiu de Parentis qui est devenu un rendez-vous incontournable pour les aficionados a los toros.


Parentis-en-Born (Landes) – Dimanche 5 Août 2007 – 18h – deuxième novillada piquée de la Feria de Sent Bertomiu

5 Novillos de Raso de Portillo, superbement présentés, braves au cheval en 14 piques, manso con casta le premier, brave mais devenant dangereux le second, presque inédit le troisième, brave et encasté le quatrième, encasté le sixième.
1 Novillo du Laget (5ème bis) remplaçant un Raso de Portillo changé après le tercio de piques, magnifique de présentation, sabordé à la pique en 3 rencontres, maniable mais de courte charge à la muleta

Pedro Carrero (blanc et or) : silence, silence et silence
Alberto Lamelas (blanc et or) : applaudissements après avis, 1 oreille avec double vuelta et vuelta après avis
Julien Dusseing « El Santo » (blanc et or) : blessure

Novillos de Raso de Portillo et Laget
1. n°68 colorado ojo de perdíz – 2 piques – applaudissements à l'arrastre
2. n°19 negro entrepelado listón – 2 piques – ovation à l'arrastre
3. n°69 negro bragado – 3 piques – applaudissements à l'arrastre
4. n°79 salinero – 3 piques – grande ovation à l'arrastre
5. n°41 negro – 2 piques – changé pour patte avant droite cassée
5 bis. n°106 (Laget) negro – 3 piques – silence à l'arrastre
6. n°15 negro – 4 piques – applaudissements à l'arrastre

Temps lourd (30°) ciel se dégradant progressivement et léger vent. Lumières allumées au sixième novillo. Durée : 2h30. 4/5 d'entrée. Salut du mayoral Rafael Agudo à la fin de la novillada. Présentation en France de l'élevage Raso de Portillo. Prix au meilleur tercio de piques (200¤) attribué par l'ADA de Parentis à Jorge Alberto (6ème novillo) et prix spécial de 200¤ à Alberto Lamelas pour son engagement dans tous les tercios. Le novillero landais Julien Dusseing « El Santo » a reçu un coup de corne de 20cm à la cuisse droite frôlant l'artère fémorale, il a été transporté par hélicoptère à l'hôpital Pellegrin de Bordeaux.

(Photo : Le quatrième Raso de Portillo, au panthéon du taureau brave )

Florent
# Posté le mercredi 29 août 2007 09:37
Modifié le lundi 10 novembre 2008 14:33

Parentis-en-Born (Landes) – Samedi 4 Août 2007 – 18h – novillada piquée

Parentis-en-Born (Landes) – Samedi 4 Août 2007 – 18h – novillada piquée
L'INDIEN ET L'AZTEQUE

C'est sous une forte chaleur et avec un trio international (Portugal-Espagne-Mexique) que s'ouvrait la « Sent Bertomiu 2007 » de Parentis.
Le lusitanien Antonio Joao Ferreira débuta face à un premier adversaire très bien présenté, comme il en est de mise dans cette plaza, possédant des armures pointant vers le ciel, après deux piques, le novillero fut un peu distant aux banderilles puis réalisa une faena essentiellement droitière ornée de molinetes, redondos et pendules sans vraiment peser sur son novillo, il termina son combat dans les cornes du pensionnaire de Margé avant de tuer d'une belle entière d'effet immédiat, il reçut une oreille d'un novillo qui laissait entrevoir bien plus de possibilités. Le quatrième possédait davantage de présence physique que ses congénères, et fut le plus compliqué du lot, après un dernier violin démodé et peu orthodoxe, le portugais usa de passes de vertu spectaculaire mais sans effet sur le bicho distrait et arrêté, il estoqua d'une entière tombée.
Natif de San Sebastián de Los Reyes près de Madrid, Chechu, ne fut pas dans un grand jour et quitta Parentis sur la pointe des pieds. Les deux novillos qui lui étaient promis au sorteo furent massacrés au premier tercio, ses picadores connaissant des sorties houleuses. Chechu se montra discret à la muleta face à son premier maniable mais manquant d'étincelles, ainsi que face au cinquième qui entra en piste avec du gaz mais ressortant de la pique les épaules tronquées, peu de choses notables pour le madrilène excepté quelques muletazos sans réel enthousiasme avec un novillo maniable mais éteint en fin de parcours. Et pour finir, un desplante genoux en terre sifflé par le public car probablement considéré comme étant de mauvais goût, mort laborieuse, avis et division d'opinions.
Echu à Joselito Adame, le troisième novillo de ce jour arborait fièrement ses origines Cebada Gago, présent sur de nombreuses affiches ainsi qu'au verso du billet d'entrée de cette novillada, ce bicho, au plumage sardo, mélange de poivre, de caramel et de sel était magnifique. Il fut mal piqué en une rencontre, alors qu'il possédait la caste pour en recevoir davantage, second tercio exposé du mexicain, puis très belle faena commencée au centre par une passe de espalda, le jeune novillero su dominer tout en donnant la distance à ce novillo maniable et encasté, toréant bien des deux côtés, il coupa une oreille après une entière plate et tombée, son adversaire mourrant debout. Pétition de deuxième oreille logiquement non accordée par la présidence technique compte tenu du coup d'épée.
Lourd et cornicorto le dernier qui occasionna le tercio de piques le plus potable de la journée, avec une première rencontre en partant de loin, en poussant puis en mettant au tapis le cavalier Marc Reynaud, une seconde dans l'épaule et une troisième légère avec ovation au picador français qui remporta le prix. Trois belles paires de banderilles dans les cornes de Joselito Adame et début de faena immobile, par statuaires, novillo noble sur les deux cornes mais devenant au fur et à mesure plus désordonné du côté droit, fin de faena courageuse du novillero mexicain avec manoletinas, puis mort longue avec un bajonazo horizontal et trois descabellos privant le jeune de tout triomphe.
Novillada intéressante avec un joli lot de Margé, maniable bien que manquant parfois de piquant et bonnes dispositions du novillero aztèque Joselito Adame. Et toujours ce sérieux de l'association des aficionados de Parentis année après année, avec l'éthique et l'irréprochable présentation des toros préservées.


Parentis-en-Born (Landes) - Samedi 4 Août 2007 - 18h - première novillada piquée de la Feria de Sent Bertomiu

6 Novillos de Robert Margé, très bien présentés, prenant un total de 12 piques, nobles mais éteints en fin de parcours les 1er et 5ème, noble mais manquant d'étincelles le 2ème, noble à gauche mais plus désordonné de l'autre côté le 6ème. Meilleur le 3ème, encasté et maniable, plus difficile le 4ème, querencioso et chargeant la tête haute.

Antonio Joao Ferreira (boudin antillais et or) : 1 oreille et applaudissements
José Ramón García Olivares « Chechu » (flan pâtissier et or soutaché de noir) : applaudissements et division d'opinions après avis
Joselito Adame (sorbet citron et or) : 1 oreille et applaudissements après avis

Novillos de Robert Margé
1. n°130 negro – 2 piques – applaudissements à l'arrastre
2. n°34 negro – 2 piques – applaudissements à l'arrastre
3. n°28 sardo – 1 pique – ovation à l'arrastre
4. n°42 castaño albardado listón – 2 piques – applaudissements à l'arrastre
5. n°168 negro bragado – 2 piques – applaudissements à l'arrastre
6. n°106 negro bragado – 3 piques – applaudissements à l'arrastre

Temps chaud 33 degrés. Durée : 2h20. Le paseo a été retardé de 5 minutes à cause de l'affluence aux guichets. 4/5 d'entrée. 80 ans de la Sent Bertomiu. Prix au meilleur tercio de piques (200¤) attribué par l'ADA de Parentis à Marc Reynaud (6ème novillo)

(Photo : Le n°28 des Monteilles, combattu en troisième position par Joselito Adame)

Florent
# Posté le mardi 28 août 2007 19:27
Modifié le lundi 10 novembre 2008 14:32

Retour

Retour
De retour de vacances, je vais actualiser ce blog au fur et à mesure avec des reseñas des novilladas piquées du Samedi 4 et du Dimanche 5 Août à Parentis, des corridas : du Samedi 11 Août à Dax, Dimanche 12 à Bayonne, Lundi 13 à Dax, Mercredi 15 à Bayonne et Dimanche 19 à San Sebastián. Ainsi que des novilladas non piquées : du Mardi 7 Août à Villeneuve-de-Marsan, Dimanche 12 à Bayonne, Lundi 13 et Mardi 14 à Dax, Mercredi 15 à Bayonne, Samedi 18 à Rion-des-Landes. Je n'ai pas assisté à la novillada prévue le Lundi 6 à Hagetmau et la non piquée du Lundi 20 à Vieux-Boucau pour cause de mauvais temps, ces deux spectacles ont été annulés.
Bonne visite.

Photo : José Pedro Prados "El Fundi" dans le patio de caballos à Dax le 11 Août
# Posté le vendredi 20 juillet 2007 21:36
Modifié le mardi 28 août 2007 16:02

Les tragiques après-midi de Luis Francisco

Les tragiques après-midi de Luis Francisco
Bien plus que de simples cicatrices, il est des graves cornadas qui marquent une carrière, celle reçue hier à Céret par Luis Francisco Esplá en est une, même si c'est loin d'être sa première en 31 années d'alternative. Lui qui à un souffle de Tramontane près aurait pu laisser sa vie sur le sable catalan, évacué comme « mort » aux dires des présents.
Certains parleront de « caution torista » et qualifieront l'ADAC (Association Des Aficionados Cérétans) de criminels ou de terroristes. Eux qui présentent remarquablement leurs TOROS dans un petit ruedo d'à peine 30 mètres de diamètre... Mais est-ce un délit de faire sortir en piste des taureaux armés, en pointe, et donnant un jeu parfois compliqué ? Les Cérétans font partie des derniers à défendre l'éthique de la corrida ainsi que les TOROS-TOROS, mais pourquoi les stigmatiser ? Le danger étant un des moteurs essentiel de la fiesta brava, il n'y a plus vraiment d'émotion lorsqu'il est absent. Cet accident qui a eu lieu à Céret aurait pu survenir dans bien d'autres arènes, mais la blessure du torero fait partie du « jeu » quand il affronte le toro. Honneur aux Cérétans et à cette association qui dans sa fantastique quête torista a fait venir dans sa plaza des élevages comme ceux de Fernando Palha, La Quinta, Adolfo Martín, Hernández Pla ou encore Escolar Gil pour en citer quelques uns.
Quant au torero Luis Francisco Esplá, nombreux sont ceux qui parlent de lui comme d'un vulgaire vieillard, d'un mauvais clown... ces mêmes personnes qui seront les premières à son chevet. Torero à l'ancienne certes parfois truqueur mais pourvu d'une redoutable connaissance des terrains, qui comme lui à l'âge de 50 ans pourrait s'aligner aux paseos de corridas de Victorino Martín, de Miura, de Celestino Cuadri, de Pablo Romero, de Murteira Grave... ? Il ne compte plus les blessures, celle occasionnée hier par un « Conde de la Corte » du Curé de Valverde en est une de plus... Torero courageux, il n'a pas toujours été reconnu comme il aurait dû être, cela me rappelle cette corrida d'il y a deux ans à Béziers, avec un vent important là aussi, et le même habit lie de vin avec broderies couleur sang qu'en ce tragique après-midi catalan, étranges coïncidences... Ce jour-là à Béziers, il affronta un cinqueño de Valdefresno avec plus d'un mètre de cornes, ce dernier l'envoya dans les airs avant une retombée brutale du torero d'Alicante qui paya ce douloureux accrochage de quelques côtes fêlées, mais de marbre il resta en piste, même si devant rejoindre l'infirmerie puis l'hôpital à la fin de son combat. Geste torero ignoré, aucun des 13 000 spectateurs de ces arènes héraultaises ne plébiscitant une petite oreille pour le valeureux matador groggy... Alors que deux jours auparavant, ces 13 000 mêmes personnes étaient debout mouchoirs blancs en main pour faire triompher le torero local accroché par un toro destiné à « servir »... Torero biterrois que beaucoup comparent à Nimeño II, comparaison qui paraît pourtant impossible, les deux toreros n'incarnant pas du tout les mêmes valeurs. Sans rien entamer à la dignité et au talent du torero biterrois qui « triomphe » face à des adversaires plutôt commodes, alors que le regretté Christian, comme bon nombre l'appellent affrontait des toros largement armés et développant souvent du sentido, celui qui cause des frayeurs au public. C'est un toro de ce type qui mit un terme à la carrière de Nimeño II, peut-être affronte-t-il encore ces « tíos » là-haut dans les ruedos célestes... Ruedos qui par miracle n'a pas atteint Luis Francisco Esplá. Chapeau bas à ces toreros qui voient davantage de mètres de cornes en 10 courses que certaines vedettes en 50. A ceux qui portent le nom de Fernando Robleño, José Ignacio Ramos, Angel Gómez Escorial, El Fundi, Sánchez Vara, et j'en oublie...

Pour finir, bravo à l'ADAC et à sa recherche de la caste perdue et bon rétablissement à Señor Luis Francisco.

Florent

(Photo ADAC : Esplá face à un gris de Hernández Pla en 2004 à Céret)
# Posté le dimanche 15 juillet 2007 21:39