50 Toreros 50

50 Toreros 50
L'actualité taurine est à ce jour au point mort, voici la liste par ancienneté des 50 toreros qui ont participé aux différentes corridas cette saison sur le sol français : (Torero/Naissance/Alternative)

Luis Francisco Esplá / 19 Juin 1958 Alicante / 23 Mai 1976 Saragosse
César Rincón / 5 Septembre 1965 Santa Fé de Bogota / 8 Décembre 1982 Santa Fé de Bogota
El Fundi / 23 Décembre 1966 Fuenlabrada / 22 Septembre 1987 Villaviciosa de Odón
Michel Lagravère / 28 Octobre 1962 Vic-Fezensac / 6 Août 1989 Soto del Real
Enrique Ponce / 8 Décembre 1971 Chiva / 16 Mars 1990 Valence
Denis Loré / 31 Juillet 1968 Nîmes / 2 Juin 1990 Nîmes
Jesulín de Ubrique / 9 Janvier 1974 Ubrique / 21 Septembre 1990 Nîmes
Pepín Liría / 10 Mai 1971 Cehegín / 11 Septembre 1993 Murcie
Juan José Padilla / 23 Mai 1973 Jerez de la Frontera / 18 Juin 1994 Algeciras
Javier Conde / 19 Février 1975 Málaga / 16 Avril 1995 Málaga
José Tomás / 20 Août 1975 Galapagar / 10 Décembre 1995 México
Luis Miguel Encabo / 21 Juin 1975 Madrid / 20 Mai 1996 Madrid
Rafaelillo / 16 Juillet 1979 Murcie / 14 Septembre 1996 Murcie
Antonio Ferrera / 19 Février 1978 Ibiza / 2 Mars 1997 Olivenza
Morenito de Nîmes / 1er Décembre 1969 Neuilly-sur-Seine / 17 Août 1997 Saintes-Maries-de-la-Mer
Curro Díaz / 20 Mai 1975 Linares / 1er Septembre 1997 Linares
Swan Soto / 20 Février 1976 Nîmes / 19 Mars 1998 Benicarló
Domingo López-Chaves / 1er Juin 1977 Salamanque / 15 Septembre 1998 Salamanque
Julián López "El Juli" / 3 Octobre 1982 Madrid / 18 Septembre 1998 Nîmes
"Jean-Baptiste Jalabert" Juan Bautista / 12 Juillet 1981 Arles / 11 Septembre 1999 Arles
Manuel Jesús "El Cid" / 10 Mars 1974 Salteras / 23 Avril 2000 Madrid
Marc Serrano / 26 Avril 1978 Nîmes / 8 Juin 2000 Nîmes
Fernando Robleño / 13 Septembre 1979 Madrid / 20 Juin 2000 Torrejón de Ardoz
Sébastien Castella / 31 Janvier 1983 Béziers / 12 Août 2000 Béziers
Sánchez Vara / 28 Juillet 1979 Madrid / 30 Août 2000 Sacedón
Javier Castaño / 28 Février 1980 Zamora / 1er Avril 2001 Saint-Sébastien
Luis Vilches / 12 Mars 1976 Séville / 21 Avril 2001 Séville
César Jiménez / 19 Mars 1985 Madrid / 9 Mai 2002 Nîmes
Javier Valverde / 22 Décembre 1977 Salamanque / 12 Juin 2002 Salamanque
Julien Lescarret / 18 Août 1980 Pessac / 7 Juillet 2002 Eauze
Matías Tejela / 28 Octobre 1982 Madrid / 15 Mars 2003 Valence
Iván García / 1er Octobre 1983 Madrid / 27 Mars 2003 Castellón
Sergio Aguilar / 24 Juillet 1980 Madrid / 4 Juin 2003 Madrid
José María Manzanares / 3 Février 1982 Alicante / 24 Juin 2003 Alicante
Julien Miletto / 25 Décembre 1982 Nîmes / 20 Septembre 2003 Nîmes
Fernando Cruz / 16 Décembre 1981 Madrid / 28 Mai 2004 Nîmes
Miguel Angel Perera / 27 Novembre 1983 Puebla de Prior / 23 Juin 2004 Badajoz
Luis Bolívar / 21 Avril 1985 Cali / 24 Juillet 2004 Valence
Eduardo Gallo / 19 Novembre 1984 Salamanque / 9 Août 2004 Saint-Sébastien
Salvador Cortés / 3 Août 1981 Mairena del Aljarafe / 11 Avril 2005 Séville
Jonathan Veyrunes / 28 Mars 1983 Nîmes / 11 Mai 2005 Nîmes
Iván Fandiño / 29 Septembre 1980 Orduña / 25 Août 2005 Bilbao
Alejandro Talavante / 24 Novembre 1987 Badajoz / 9 Juin 2006 Cehegín
Mehdi Savalli / 1er Novembre 1985 Arles / 8 Septembre 2006 Arles
Jeremy Banti / 2 Octobre 1981 Arles / 8 Avril 2007 Arles
Daniel Luque / 21 Novembre 1989 Gerena / 24 Mai 2007 Nîmes
Julio Benítez / 1er Mai 1985 Cordoue / 25 Mai 2007 Cordoue
Sebastián Palomo Linares / 22 Novembre 1977 Madrid / 4 Août 2007 Pontevedra
Joselito Adame / 22 Mars 1989 Aguascalientes / 7 Septembre 2007 Arles
Angel Teruel / 23 Janvier 1983 Madrid / 9 Septembre 2007 Dax


Florent

# Posté le samedi 17 novembre 2007 16:41

Modifié le dimanche 18 novembre 2007 16:27

Toros d'antan

Toros d'antan
Le 5 Août dernier fut combattue à Parentis-en-Born une novillada porteuse du fer de Raso de Portillo, ganadería la plus ancienne d'Espagne et dont les terres qui se situent à Boecillo près de Valladolid n'ont pas changé depuis le XIIIème siècle. Peu d'aficionados français connaissent cet élevage dit des « Moruchos Castellanos » et pour cause, il n'est jamais venu en France avant cette novillada. La plaza Roland Portalier fut donc témoin l'espace d'une tarde de la présentation de cette antique ganadería jusque alors inconnue de ce côté-ci des Pyrénées et peu vue en Espagne.
Magnifique fut cette présentation – pour moi et de loin le meilleur moment de la temporada – la majorité des cinq novillos combattus laissèrent entrevoir bravoure et genio ainsi que véritables peleas au cheval , en particulier le quatrième qui échut à Alberto Lamelas, et dont la caste qu'il montra en piste fut retentissante, trois piques en partant à chaque fois de loin et une grande bravoure à la muleta face à un jeune techniquement limité mais qui usa de beaucoup de courage. Le bicho ne fut même pas récompensé d'un tour de piste posthume et la fut l'injustice, alors qu'une partie du public réclama une seconde oreille qui ne fut pas octroyée à Alberto Lamelas. Le reste de la novillada fut intense avec un premier novillo manso con casta, les autres aussi encastés et braves à divers degrés. Le combat du n°79 de Raso de Portillo fut donc pour moi le moment cumbre de la temporada, avec une lidia authentique faisant oublier les effets de modernisations de la corrida que l'on peut voir à Nîmes, Dax ou ailleurs. Elevage à revoir très vite car possédant des toros d'antan et permettant des moments d'émotion.
Cependant, je regrette que la presse spécialisée ait quasiment oubliée cette novillada où s'en soit limitée à la blessure du novillero Julien Dusseing « El Santo » qui déclara que son novillo était sournois alors que c'est le jeune landais qui commit une erreur technique. Les cornadas font partie des carrières de torero et celle-ci ne fut qu'un détail à côté de cette GRANDE tarde de Toros. Félicitations aux organisateurs parentissois pour ce coup de poker gagnant ainsi que pour la superbe présentation des bêtes, le sobrero du Laget sorti en cinquième position était digne d'une arène de premier plan.
Et pour vous, quel fut le meilleur moment de votre temporada ?

P.S : Et en ce 15 novembre vient d'être publié le palmarès de l'ANDA (Association Nationale Des Aficionados) et la novillada de Raso de Portillo est justement primée.

(Photo : Le premier Raso de Portillo à fouler le sable français)

Florent

# Posté le jeudi 15 novembre 2007 13:26

Modifié le samedi 27 septembre 2008 05:30

Au pays des corralejas

Au pays des corralejas
La Colombie est un pays d'Amérique du Sud anciennement colonisé par les espagnols, il est connu pour ses corralejas, fêtes qui se déroulent pendant plusieurs jours dans des arènes atteignant parfois une centaine de mètres de diamètre. Des taureaux y sont lâchés, très armés et typés tels des zébus, les courageux anonymes qui s'aventurent face à eux dans le ruedo et qui parviennent à tirer une passe avec quelconque muleta improvisée ou qui arrivent à poser une banderille sur le dos du « criollo » voient leurs efforts récompensés de quelques sous. Là-bas, les taureaux qui tuent des hommes sont baptisés « Miura » et paraissent en vedettes sur les affiches de la saison suivante, ce qui dénote d'un certain cynisme.
Peu de toreros colombiens ont explosé en Europe, César Rincón est né en 1965, il a reçu l'alternative jeune à l'âge de 17 ans. Mais sa vie s'avère être une loterie tragique, lorsqu'il part pour la première fois toréer en Espagne, sa mère et sa s½ur restées au pays décèdent dans l'incendie de leur maison après avoir allumé des cierges pour protéger le jeune torero. César ne parvînt pas à se faire un nom sur le Vieux continent et connut en 1991 une effroyable cornada qui lui sectionna l'artère fémorale lors d'une corrida à Palmira en Colombie, dans l'urgence, il reçoit une perfusion de sang et sa vie est sauvée. Cependant, il devra lutter pendant des années contre l'hépatite B due à cette opération. Sa carrière s'est réellement lancée en Europe au début des années 1990, et devient à juste titre figura del toreo après tant d'années de galère, il est grièvement blessé mais triomphe à Séville en 1993, la même année il franchit la Grande Porte de Las Ventas avec Ortega Cano lors du mano à mano de Bienfaisance. Sans oublier le combat de titans face à Bastonito de Baltasar Ibán l'année suivante toujours à Madrid, moment épique où l'atmosphère tragique régna de bout en bout. Il sortit de nombreuses fois en triomphe de ces arènes de la Calle Alcalá, comme en 1995 avec un sobrero de Astolfi auquel il coupa deux oreilles, Rincón sortit à hombros après une estocade al recibir en jouant vie pour vie, des sifflets descendirent pourtant des tendidos en début de faena, mais le maître colombien réussit à intéresser le toro et réaliser de superbes séries... Importants succès dans l'hexagone également notamment à Dax et à Nîmes, où il remplit ses contrats avec sincérité et engagement. Connu pour son petit gabarit mais surtout pour la domination qu'il exerce face au taureau, il est arrivé en 2007 affaibli par tant de péripéties, certains le méprisant car étant un torero en fin de parcours, mais c'est un crime d'oublier la carrière de cette homme qui a tout le temps été honnête, peut-être le meilleur torero de la fin du XXème siècle. Et vînt une corrida qui sonna comme historique pour son pays, le 13 Août de cette année à Dax, puisqu'ils étaient deux colombiens au même cartel d'une corrida française, du jamais vu jusque alors. A l'affiche avec son compatriote Luis Bolívar et l'espagnol Miguel Angel Perera, l'expérimenté matador coupa l'oreille de son premier avant de tomber sur un second Conde de Mayalde imposant et retors qui faillit l'envoyer à plusieurs reprises à l'infirmerie, nul doute qu'il y a deux ou trois temporadas, nous aurions eu le droit à un combat intense.
Son compère Luis Bolívar est quant à lui un jeune arrivant, remarqué en novillada à Parentis il y a quatre ans où il coupa trois oreilles face à d'impressionnants Tabernero de Vilvis, il connut une alternative mouvementée à Valence, son taureau lui infligeant un coup de corne à la poitrine. C'est cette année qu'il commence à éclore au niveau des grands rendez-vous, il possède un courage hors pair, et il ne serait pas étonnant qu'il soit prochainement considéré si ce ne l'est déjà comme l'un des meilleurs estocadors, avec des coups d'épée d'un engagement irréprochable et d'une précision chirurgicale. A Dax le 13 Août, il dédia son taureau à César Rincón, un bel hommage, peut-être un passage de témoin...

(Photo : Les deux colombiens César Rincón et Luis Bolívar le 13 Août à Dax)

Florent

# Posté le samedi 10 novembre 2007 18:36

En guise de rétrospective

En guise de rétrospective
Les mois d'Octobre et Novembre composent la saison des festivals
C'est aussi l'heure de dresser un bilan final
Certains qualifieront la trajectoire de Juan Bautista de magistrale
Sébastien Castella demanda à chaque fois un cachet abyssal
Pour au final des prestations plutôt glaciales
Comme des Antonio Bañuelos aussi froids que les chaînes de l'Oural
Alors que Perera, Bolívar, Cruz ou Manzanares tissent leur toile
La temporada d'Arles fut plutôt banale
Avec d'abord sa feria Pascale
Puis celle du riz qui découvrit un Joselito Adame impérial
Nîmes est toujours aérée par le Mistral
Mais respire aussi l'air du scandale
Je te donne pour seul exemple les toros des corridas matinales
Dax reste un haut lieu thermal
Et Mont-de-Marsan cale
Avec un redémarrage sous forme de ratage total
Céret et Vic-Fezensac ont pour moi une vision de la corrida idéale
Tandis qu'à Palavas, à Béziers-Plage ou aux Saintes-Maries tu peux prétendre à une baignade à poil
Ou à un semblant de corrida triomphale
Bayonne ne fut pas phénoménale
Saint-Martin-de-Crau, Parentis et Roquefort prônent le combat véritable et luttent contre l'invasion du mal
Il y a eu bien d'autres courses qui ne resteront pas dans les annales

Quant à moi dont vous dîtes que sans cesse je râle
Je ne me réjouis pas simplement de cent passes de percale
Ni d'une faena d'infirmier que certains qualifieront de récital
Je préfère une lidia intégrale
Où émotions et respect du taureau sont d'égal
Mais par pitié pas d'élevage commercial
Envoyez plutôt Javier Conde au tribunal

Et toi néophyte n'applaudis pas les estocades verticales ou horizontales
Ne vénère pas le gourou Paquito Leal
Ne prend pas pour vérités ce que te dit ton quotidien régional
Et pour des oreilles ne fatigue pas tes cordes vocales

(Photo : Novillo de Robert Margé à Parentis-en-Born)

Florent

# Posté le vendredi 09 novembre 2007 07:35

Modifié le vendredi 09 novembre 2007 13:04

Temporada 2007

Temporada 2007
Comme chaque année, je publie "mes prix symboliques" concernant la temporada écoulée, ils sont évidemment subjectifs, vous pouvez faire de même.

Meilleur torero : Alejandro Talavante et Jean Baptiste Jalabert « Juan Bautista »

Meilleur novillero : Joselito Adame (bien qu'ayant pris l'alternative en Septembre à Nîmes)

Meilleur novillero sans picador : Thomas Joubert « Tomasito » et Pablo Lechuga

Meilleur lot de toros : Valdefresno le 15 Août à Bayonne

Meilleur lot de novillos : Raso de Portillo le 5 Août à Parentis-en-Born

Meilleur lot d'erales : El Palmeral le 12 Août à Bayonne

Meilleur toro : « Bilanero » de Valdefresno lidié par Javier Conde (sifflets après avis) le 15 Août à Bayonne

Meilleur novillo : n°79 de Raso de Portillo lidié par Alberto Lamelas (une oreille) le 5 Août à Parentis-en-Born

Meilleur eral : « Manzanilla » de Valdefresno lidié par Mario Guirao (une oreille) le 18 Août à Rion-des-Landes

Prix à la plaza : Parentis-en-Born

Palmas : - Aux carrières de Denis Loré et César Rincón
- A la ganadería de Raso de Portillo (élevage le plus ancien d'Espagne) pour sa superbe tenue lors de sa présentation en France
- Aux élevages de Conde de Mayalde, Robert Margé, Malabat, Adelaída Rodríguez, Victorino Martín
- A Luis Bolívar, Fernando Cruz et Alberto Lamelas pour leur engagement dans la lidia
- Au retour de la tauromachie espagnole à Villeneuve-de-Marsan
- Aux diverses organisations de novilladas non piquées
- A la mise en valeur du tercio de piques avec des prix mis en jeu

Bronca : - Au portail internet des arènes de Nîmes et sa volonté de faire croire aux internautes que sa plaza est la moins chère de France alors qu'elle pratique des prix exorbitants (passant de 20 à 42 euros du premier au deuxième prix, sans parler des augmentations connues ces dernières années)
- A certains toreros pour les cachets démesurés qui sont demandés et pour leur refus devant certaines propositions de contrats
- A la "déification" et à la médiatisation de José Tomás qui connaît une temporada de transition après cinq ans d'absence et que l'on ne peut pas réellement juger car ayant évité les grandes arènes, les aficionados pourront se faire une réelle idée en 2008
- Aux corridas-concours qui sont devenues corridas rapiécées d'élevages différents
- A beaucoup de présidences techniques (ce dernier terme étant parfois douteux)
- A un torero en particulier qui est peut-être danseur mais sûrement pas torero (vous le reconnaîtrez)
- A une partie du public cautionnant l'ablation du tercio de piques
- A une partie du public cautionnant les faenas esthètes et non le reste de la lidia
- A une partie du public qui pense qu'une épée entière placée à n'importe quel endroit du corps du taureau et d'effet rapide est une bonne estocade...
- A une partie du public qui manifeste de la haine envers la présidence technique lorsqu'elle n'accorde pas la deuxième oreille (qui réglementairement rappelons-le appartient exclusivement à son autorité)
- Aux élevages commerciaux encore et toujours

Autres : - Etablir la mention de « Festivals taurins en habit de lumière » pour les courses où les toros n'ont pas une présentation digne

Enfin pour conclure, je rajouterai juste que l'aficionado peut prendre beaucoup plus de plaisir dans les petites arènes que dans les « grandes places » avec des « cartels étoiles »

(Photo : Premier novillo de Camino de Santiago lors de la fiesta campera le 28 Octobre à Mont-de-Marsan )

Florent

# Posté le mercredi 07 novembre 2007 13:21