Une indéfinissable hiérarchie taurine française

Une indéfinissable hiérarchie taurine française
Depuis quelques années maintenant, les règlements taurins semblent évoluer de manière exponentielle chez nos voisins espagnols (apparition ou modification de règlements andalous, basques, castillans, valenciens...) Mais dans quel but ? On peut même se demander si un écriteau avec les règles propres à l'arène figurera un jour dans chaque patio de caballos.
Cependant, l'Espagne a le mérite d'avoir une séparation clairement tranchée entre les catégories de plazas. Ce qui n'est pas le cas chez nous où il semble difficile d'établir une hiérarchie !
Tout d'abord, on constate qu'il n'y a aucune plaza de temporada en France. Notre pays possède vingt-cinq plazas de toros qui organiseront des corridas formelles cette année. On pourrait donc se dire qu'il est aisé de faire un classement au vu de ce nombre peu conséquent. A première vue et sans être trop regardant – notamment sur les cornes –, on serait tenté de mettre Nîmes au sommet de la hiérarchie ! Elle est en effet l'arène la plus importante en nombre de places et c'est également elle qui donne le plus de spectacles portant sur le papier le nom de « corrida de toros ». Mais l'on peut rétorquer qu'il s'agit davantage d'une forte concentration de spectacles que d'une suite de corridas d'importance. Quant au fond : est-ce digne d'une plaza qui se dit de première catégorie d'octroyer trois queues sur une feria de quatre jours ? (*1) Est-ce digne pour cette plaza de faire sortir en corrida un taureau de 408 kilogrammes ? (*2) Enfin, la présentation globale du bétail décrédibilise fortement le statut suprême que pourrait avoir Nîmes. On concédera toutefois l'honnêteté qu'ont les nîmois de ne pas orner les cornes douteuses avec des prothèses comme ont pu le faire par le passé certains organisateurs de spectacles aturins... euh taurins pardon ! (*3)
Pour rester dans les grandes arènes (en capacité) du sud-est ; on peut dire que Béziers est un cycle hétéroclite au niveau des corridas mais homogène en matière d'assistance populaire peu avertie. Outre Nîmes, l'amphithéâtre romain d'Arles propose quant à lui des cartels variés même si certains manquent de sérieux, on pense ainsi à la corrida-concours et à celle de Victorino Martín. On peut également se poser des questions quant à l'absence des deux triomphateurs de l'année passée : El Fundi et Sergio Aguilar !
A l'Ouest ; on a Dax qui reste remarquable pour la festivité dans les gradins ainsi que pour ses non piquées qui font « No Hay Billetes » tous les après-midis. Plus au sud il y a Bayonne, une plaza sérieuse en matière de présentation du bétail et qui pourrait même prétendre au titre. Mais il ne faut pas oublier Vic-Fezensac qui est également sérieuse dans son registre. En revanche ; on attendra avant de pouvoir reparler de Mont-de-Marsan qui change de direction cette année ; tout comme Eauze, Aire-sur-l'Adour et Tyrosse.
Puis il y a les plazas qui ont fait de l'authenticité leur cheval de bataille : Céret en est le plus fier exemple !
Même si l'on pourra discuter le choix des hommes, Alès (Dolores Aguirre et Palha) et Beaucaire (Palha, Monteviejo et Victorino Martín) ont la volonté de mettre leurs ferias sous le signe du Toro, et cela est tout à fait respectable.
Les deux belles surprises de l'année sont à mettre au crédit d'Aignan et d'Orthez qui changent de cap même si elles n'organisent qu'une corrida par an. Les paris lancés par ces deux plazas seront à suivre !
Quant à la ville provençale de Saint-Martin-de-Crau, la seconde année dans ses nouvelles arènes sera transitoire puisque la saison dernière fut assez décevante au niveau ganadero. Un peu plus à l'est, on a Istres qui propose des affiches variées, il s'agit là encore d'une arène en pleine mutation. Toujours à l'est, Lunel revient en corrida de toros après douze années de novilladas. En effet, la dernière corrida présentée était un mano a mano entre Víctor Mendes et Antonio Ferrera devant des toros de La Quinta en 1997.
En tant qu'unique arène portative sur les vingt-cinq places en question, La Brède cherche toujours une politique taurine, les Prieto de la Cal semblent succéder aux Los Bayones présentés plusieurs années durant. On aura en revanche peu de difficultés à classer Vergèze, Palavas-les-Flots, Mauguio, Saint-Gilles, Châteaurenard et les Saintes-Maries-de-la-Mer...

Les arènes françaises sont effectivement très difficiles à classer car elles sont toutes différentes et plus ou moins soumises à une instabilité en matière de politique taurine. Alors qui mettre au sommet de la hiérarchie ?

Pour finir, je souhaitais revenir sur les propos récemment entendus de la bouche d'un organisateur du sud-est qui disait – je cite – : « peu importe la présentation des taureaux du moment que les gens sortent des arènes contents ... »Hormis ces individus, on a heureusement une afición toujours présente avec des gens qui mettent du c½ur dans des paris risqués afin de monter des courses sortant un peu de l'ordinaire !

Florent

*1 : lors de la dernière feria des Vendanges, Juan Bautista, El Juli et Sébastien Castella ont chacun obtenu un rabo
*2 : Le 8 Mai 2008, le premier toro de Garcigrande échu au sorteo à Javier Conde accusait 408 kilos sur la balance
*3 : Aire-sur-l'Adour 1994, corrida de Pablo Romero organisée par un franco-mexicain. Prix de l'Egoïne d'Or attribué par l'ANDA six mois plus tard.

# Posté le samedi 28 février 2009 17:17

Modifié le samedi 28 février 2009 18:16

Les vertus de la pénitence

“ ¡Caminante! Caminante no hay camino, se hace camino al andar...”
C'est ainsi que le poète Antonio Machado concevait notre destinée. Au fil de ces quelques vers émouvants, il nous disait qu'aucun chemin n'était tracé d'avance. Pour lui, c'est en avançant que l'on trace notre propre chemin, et ce malgré les embûches.
Nous sommes tous des caminantes, et a fortiori, l'homme qui se vêtit de lumières l'est aussi. Un caminante, j'ai eu la chance d'en rencontrer un il y a quelques semaines à Madrid, capitale de la Castille. J'ai pu discuter avec ce matador au parcours à la fois atypique et passionnant. En effet depuis l'été dernier, on me parle de cet homme au teint bronzé, à l'½il sombre, et d'environ un mètre soixante-dix. Ce caminante, il s'appelle Raúl Velasco Olivares.
Une personne le connaissant mieux que moi a part ailleurs rédigé un billet ici il y a quelques temps. Nous sommes en hiver et la saison taurine commence à peine. Il est donc difficile de le voir en piste même si divers tentaderos se profilent. Mais j'ai eu l'occasion de le rencontrer, de pouvoir échanger avec lui et de savoir où il en est. De tout bord tauromachique que l'on soit, il est toujours intéressant de connaître l'opinion que possèdent les personnes qui sont en piste. Mais revenons au matador en question.
Pour Raúl Velasco ; tout s'est arrêté le 19 mai 2003.... Où devrais-je plutôt dire : tout a commencé ce jour-là. C'était à Las Ventas et il était novillero. A la mort de son deuxième opposant ; il s'avança au centre du ruedo afin de se couper la coleta. L'arène copieusement garnie ce jour de San Isidro l'ovationna fortement, saluant ce geste, alors qu'elle était restée muette devant la prestation du novillero. Toutes ces images sont évidemment tristes et fatales. Mais six ans après, c'est avec le sourire aux lèvres que Raúl Velasco me parle de cette course de Fuente Ymbro. Une course aux nombreuses possibilités, qu'il n'a pu saisir. Ainsi, il s'en est allé. Mais il me confie que se couper la coleta n'est pas le geste le plus malheureux. Raúl Velasco estime même que le pire des désespoirs ; c'est de se mentir à soi-même en continuant à paraître dans l'arène alors que l'on n'est plus capable d'être à la hauteur et de prouver quelque chose.
Après ce jour marquant pour sa carrière, notre caminante se remit maintes fois en question. Trois ans plus tard, il décida de revenir et de remettre l'habit de lumière. Pourtant, rien ne l'y obligeait. L'argent ? Sûrement pas ! Ce n'est pas un problème me dit-il. Ce qu'il veut, c'est accomplir un devoir moral avec opiniâtreté, il espère être à l'aube d'un renouveau salutaire.

C'est une soirée humide et nous sommes autour de plusieurs copitas. Nous échangeons ainsi divers points de vue, mais le but n'est pas pour moi de l'interroger sur le nombre de courses toréées, sur le nombre d'oreilles coupées, voire même sur ses toreros et élevages fétiches. Non ! Ce qui m'intéresse, c'est de connaître son approche du combat avec le taureau.
Et c'est alors que Raúl me donne son ressentiment. Pour lui, il faut être bien dans sa tête et avant toute chose être un bon aficionado. S'il a arrêté il y a six ans, c'est parce qu'il ne ressentait plus les capacités pour se mettre face au taureau. Estimant que "lorsque l'on est en-dessous, ce n'est plus la peine". Même si ce fut difficile, il sut s'en aller, peut-être pour mieux rebondir.
Aussi, il pense que la remise en question est essentielle et que l'on doit respecter le taureau ; roi de l'arène sans qui il ne serait personne. Avant de s'en aller, Raúl Velasco avait pourtant effectué plusieurs temporadas assez chargées en novilladas.
Et il y eut ensuite le vide en question. Puis il reçut l'alternative il y a deux ans près de Madrid.
Désormais, Raúl a l'ambition de lancer sa carrière. Il est prêt à affronter n'importe quel taureau, pour se prouver qu'il avait raison et afin de montrer à quel point sa remise en question a été bénéfique ! Dorénavant, il ne pense et il ne vit que pour le taureau. Il me confie également "qu'il ne faut pas être trop euphorique. Car chaque adversaire ayant sa lidia, il doit être combattu à chaque fois différemment, sans négligence". Raúl illustre ses propos en m'expliquant que l'an passé ; il y a eu une manière d'affronter les Alcurrucén de Cabanillas del Campo, et qu'il y en a eu une autre pour affronter les deux lots de Montesinos à dix jours d'intervalle. Ce qui primait pour lui à chaque fois, c'était la volonté du succès, et il est aujourd'hui satisfait de ce côté-là. Il me dit que le stoïcisme, la volonté et le courage sont ses valeurs, mais il ne souhaite pas pour autant oublier les fondamentaux.

Et lorsque je lui demande "Ton meilleur souvenir dans l'arène ?" ; il me rétorque avec un regard sincère que tout de même "le plus beau, c'est de pouvoir s'habiller de lumières afin d'aller affronter sa mort. Car l'on doit être face au taureau comme l'on est dans la vie, avec le plus de sincérité possible." Son rêve serait de revenir à Las Ventas, là où tout s'est arrêté, et il aimerait y revenir un jour de San Isidro pour y affronter des Adolfo Martín, car c'est une ganadería qui lui plaît !

Caminante, savoir s'en aller. Tout départ n'est que le début d'horizons inconnus...

Florent

(Vidéo : Raúl Velasco Olivares à Cabanillas del Campo (Guadalajara) en juillet 2008 face à un taureau de Alcurrucén duquel il obtint deux oreilles)

# Posté le mardi 24 février 2009 11:05

Modifié le mardi 24 février 2009 11:53

Introspection

Introspection
Tôt ou tard, il peut arriver à l'aficionado a los toros de faire un constat sur ce qu'il a vécu dans l'arène. Une introspection sur sa passion. En s'interrogeant, diverses questions concernant la morale surgissent. Car la corrida est un spectacle unique, hors du temps, échappant à toute logique. Il est cinq heures lorsque les clarines sonnent, mais est-ce la même heure que celle d'une journée normale ? En effet, on n'est pas dans une plaza de toros comme l'on est dans la vie. C'est un endroit à part.
Cependant, il faut avouer que l'on est toujours fier de cette passion peu ordinaire lorsqu'on l'évoque. Mais il y a aussi un côté confidentiel, secret, personnel. Car on aime le combat qui se déroule dans l'arène : l'ovation, le triomphe, la bronca, l'opprobre, le drame et l'incertitude. Tous ces éléments font la beauté de la corrida.
Toutefois, l'introspection est nécessaire afin de savoir quel aficionado on est. On doit aussi chercher à savoir comment est-on venu à cette drogue qu'est la corrida.
Ne voyez pas à travers cet article un quelconque exercice de psychanalyse mais simplement diverses questions personnelles méritant d'être partagées. Et pour comprendre tout cela ; il faut peut-être commencer par le début...

C'était il y a longtemps pour moi mais peut-être pas pour vous. Je vivais dans cette ville du Sud de la France dont je n'hésite pas aujourd'hui à me moquer avec un certain cynisme : Nîmes. Et j'y repense ! C'était il y a une décennie ! Je me rappelle de cette région. Avec leur accent pointu, les gens parlaient de banderillère, de torère, et même de Pablo Romère ! C'était encore à la mode, lorsque l'on sait ce que cette ganadería est devenue aujourd'hui... O tempora ! O mores !
L'approche avec le spectacle taurin fut progressive ; mais j'étais à chaque fois épris de fascination en admirant l'extérieur des arènes les jours de course. Puis le baptême eut lieu, la première corrida de toros. C'était un jour de printemps, mais ce n'était pas à Nîmes !
La découverte se déroulait dans un autre amphithéâtre romain, un dimanche de Pâques. O bien sûr, peu de souvenirs me sont restés de ce jour-là. Mais c'était clairement le début de quelque chose qui allait être primordial pour moi ! Je me souviens de bêtes au pelage obscur, il y avait ce ciel très bleu, mais également un vent très fort et très froid, qui balayait le colisée d'Arles. Je me rappelle aussi d'un taureau frappant fort aux planches à son entrée en piste, mais c'est à peu près tout ce qui est resté... Pour l'anecdote, les trois hommes qui faisaient le paseo ce jour-là étaient José Pedro Prados « El Fundi », Stéphane Fernández Meca et Miguel Rodríguez. Les taureaux provenaient quant à eux d'Andalousie, de Zahariche : les Miuras !
C'était l'aube d'une passion ! Evidemment, les choses s'apprennent au fil du temps. Je ne vais pas exposer les autres expériences de ma vie d'aficionado en herbe. Mais l'amour pour le toro était là. C'était probablement le principal ! Depuis cette première expérience, un nombre considérable de courses est passé et j'ai pu faire l'acquisition de certaines valeurs subjectives : notamment celles d'un combat dans les règles, avec des taureaux de respect.
Les ai-je assimilées au détriment d'autres ? Peut-être me direz-vous. Car je ne peux cacher une certaine aversion envers les corridas- champagne qui plaisent à un bon nombre de personnes, mais elles n'incarnent pas à mes yeux la vérité, les valeurs pures et fondamentales d'une course de taureaux.

Pour ma part, le plus beau : c'est l'inattendu ! Et cela ne peut avoir lieu que s'il y a des taureaux dignes du nom en piste.
Sans pour autant dénigrer une partie de l'afición, je trouve gênante la démarche d'autosatisfaction à la simple annonce du nom d'un torero. En effet, on a pu apprendre très récemment la venue de José Tomás à Bayonne, pour le vendredi 7 août. Très vite, certaines idées reçues peuvent survenir : un grand triomphe à ne pas louper ? « No Hay Billetes donc je me devrai d'y être » ? Pour ma part, je ne suis pas autant optimiste. Car quels seront les taureaux ? Agir selon cette démarche, n'est-ce pas être prisonnier de l'évènement ? de la médiatisation ?
Je ne tire point sur les personnes qui iront voir cette course. Car vouloir admirer un homme courageux voire inconscient est quelque chose de louable. Mais il y a là quelque chose d'encombrant, de pas naturel. Des toros choisis, un public acquis, une notoriété toute faite. Le spectateur achètera un triomphe que l'on veut couru d'avance. Pour pouvoir ensuite dire « j'y étais », mais ce genre d'évènement constitue bien plus le paraître que l'être. Et l'on ne peut y trouver le plaisir de l'inconnu, de l'incertitude. Pour cela, je ne souhaite pas assister à cette course et apparaître ainsi comme un cuistre se vantant d'avoir vu un torero toréer. Alors qu'il y avait deux autres hommes au cartel. Accompagnés du plus important ; la matière première que l'on appelle ou que l'on ose parfois appeler TORO.

Tout cela me fait dire qu'une grande tarde ne se fabrique pas. La grandeur et la beauté inégalable viennent de l'improbable, un passé relativement récent semble l'avoir montré. Ainsi, je ferai comme l'écrivait Voltaire. Dans la vie comme sur les tendidos, « je continuerai à cultiver mon jardin » et à apprendre, à attendre, car pour être aficionado et voir de belles choses ; il faut savoir être patient.

Florent

# Posté le dimanche 22 février 2009 22:17

Modifié le lundi 23 février 2009 19:28

Communiqué du site Campos y Ruedos

Lettre ouverte aux entités adhérentes à l'O.N.C.T.

L'Observatoire National des Cultures Taurines est né le 22 mars 2008. Son objectif principal avoué était «d'étudier, défendre et promouvoir la culture taurine sous toutes ses formes. Autrement dit : Faire émerger la communauté du taureau en tant que minorité culturelle respectable en raison de la richesse de son patrimoine et de son importance » (in FSTF). Ecrit en termes plus clairs, il s'agissait principalement de se défendre face aux attaques des anti-taurins. Dès sa création, un grand nombre d'entités taurines - ayant ou non un écho national - a adhéré à l'O.N.C.T., dans un grand élan d'½cuménisme taurin de bon aloi même si nous ne pouvons nous empêcher de penser que réaliser l'union de l'aficion constitue un projet par trop idéaliste (ce que les circonstances ne laissent hélas pas de nous montrer chaque jour). Ce même, 22 mars 2008, et avec l'assentiment, nous l'imaginons, de toutes les entités que vous représentez, a été nommé à la présidence de l'O.N.C.T. l'animateur d'un média Internet taurin français dont le logo n'est pas sans rappeler celui choisi par l'Observatoire... . Et pour cause : c'est le même ! Entouré d'un nombre conséquent de vice-présidents (Olivier Baratchart, pour la coordination avec le groupe parlementaire, Alain Dervieux, pour la coordination avec l'U.V.T.F, Marcel Garzelli, pour la coordination des collectifs et des journées de revendication, Jean-Michel Mariou, pour la production télévisuelle, Roger Merlin, pour les études économiques et la coordination avec Pronatura et le Comité Noë, Reynald Ottenhof, pour la coordination des dossiers juridiques, Francis Wolff, pour l'animation du conseil scientifique, François Zumbiehl, pour les actions culturelles, les manifestes et les projets éditoriaux), il incarne, au propre comme au figuré et lui avant tout autre, l'O.N.C.T. dont il est le porte-parole partout où cela semble nécessaire et même au-delà, dispensant la bonne parole urbi e orbi. Il occupe donc un rôle de fédérateur des forces vives (ou moins vives) de l'aficion face aux attaques, elles aussi vives (ou moins vives), des associations militant contre la corrida. Dans un monde tout entier commandé par les arcanes de la communication du paraître, il ne vous aura pas échappé que la multiplicité des fonctions du Président (animateur d'un média Internet d'informations taurines, animateur taurin de radio locale, communicant pour une grande arène du sud-est) ainsi que les polémiques qu'il suscite sous sa « casquette » de « journaliste » nuisent fortement à l'image de l'O.N.C.T et à la crédibilité de son président en tant qu'incarnation de l'unité de l'aficion. Il n'est pas besoin de dresser ici une liste exhaustive des errements « journalistiques » du président, de sorte que nous pouvons nous contenter de rappeler, à titre d'illustration, que :
- il a défendu en son temps la thèse selon laquelle les mineurs de moins de 15 ans devraient être accompagnés de leurs parents pour pouvoir assister aux corridas et novilladas...
- il a écrit que la pique andalouse était moins destructrice que celle actuellement utilisée, en basant son opinion sur les résultats observés par des vétérinaires taurins lors de la corrida de Victorino Martin à Beaucaire en 2008, tout en omettant de publier ces derniers dans leur intégralité sur son média Internet. Or, à la lecture de ces résultats, on s'aperçoit qu'il y est clairement affirmé que la pique ayant causé la plus profonde plaie est une pique andalouse (au 6ème toro). Il est également écrit (dans le rapport de M. le dr Bourdeau) que pour se faire une idée des effets de la pique andalouse, il conviendrait de mener une étude très élargie et que rien ne pouvait être affirmé pour l'instant dans cette affaire.
- il a écrit qu'une novillada de Moreno de Silva était mal sortie à Madrid (sans assister à la course !) et que le ganadero, par honte ou par dépit, avait quitté les arènes avant la fin du spectacle. Le caractère mensonger de telles allégations a été démontré ici-même.
- dernièrement, il s'en est pris au choix des toros retenus par la Commission Taurine d'Orthez, sur le seul fondement du commentaire d'une course de cet élevage à Pioz en 2008, publié sur l'un de ces blogs espagnols qu'il voue habituellement aux gémonies (sans toutefois oser les désigner nommément) ; c'est sans plus de preuves qu'il s'est également permis, dans une parenthèse fort mal venue et dont chacun pourra juger de l'élégance rare, de porter un jugement sur une hypothétique augmentation des impôts locaux (sous-entendu que cette augmentation serait liée aux frais engendrés par la chose taurine) dans cette même ville d'Orthez.
En outre, est-il raisonnablement concevable que le président d'un tel observatoire, consacré au ralliement des aficionados derrière la bannière de l'unité, ait poursuivi ses activités dites journalistiques sur son média Internet à la tête duquel il « change de casquette » et de cap en affichant la volonté malsaine de réduire le monde des aficionados à un champ de bataille simplifié, simpliste et drapé de manichéisme entre de soi-disant bons et mauvais aficionados (ces derniers étant même qualifiés récemment de « grands malades incurables ») ? Est-il intellectuellement acceptable de prôner le rassemblement en grand d'un côté et de tirer à boulets rouges avec une argumentation erronée sur ceux qui ne partagent pas ses opinions ou ses analyses d'un autre côté ? Le garde-fou stipulé dans les statuts de l'O.N.C.T. (rédigés par ce même président) et portant sur l'absence d'intervention dans les « affaires internes » ne tient pas et confine même une sorte de dédoublement de personnalité de l'aficion. Ce n'est pas en faisant (en imposant) chanter un refrain de la langue d'Oc, dans l'enceinte d'une plaza de toros à six mille aficionados, que la défense de la tauromachie s'affirmera. Claironner entre nous (aficionados) quand il n'y a pas d'opposition revient à sodomiser les diptères. Une plaza de toros n'a jamais eu vocation à devenir un lieu de revendications de ce style. La rue existe pour cela car il s'agit, somme toute, d'une lutte (ou d'un débat) politique. La seule revendication qui peut se manifester dans une arène porte sur le respect de l'intégrité du spectacle auquel on vient assister. La défense de la corrida, même et surtout devant les anti-taurins, passe par une lutte de longue haleine contre les dérives « internes » : afeitado, arreglado excessifs, 1ers tiers désacralisés et mal menés, limite d'âge des toros...). Ce garde-fou de la non intervention réduit l'O.N.C.T. a un gentil jouet pour aficionados complaisants qui détournent ainsi leur regard de ce qui est essentiel et laissent la part belle à ceux qui font la corrida : éleveurs, toreros, empresas.
En ce mois de février 2009, au moment où l'O.N.C.T compte en appeler aux adhésions individuelles des aficionados (donc élargir sa base), il est assez clair que le président a prouvé qu'il n'a plus sa place de président. Pour rester crédible aux yeux des aficionados auxquels il est aujourd'hui encore fait appel, il est dans l'intérêt de l'O.N.C.T. de se passer des services de son président, qui semble avoir beaucoup à faire par ailleurs. A la place de ce dernier, c'est une personne moins impliquée dans les affaires du mundillo qu'il conviendrait de nommer à la tête de votre Observatoire.

Bien à vous.

L'équipe de Campos y Ruedos.

# Posté le dimanche 15 février 2009 17:01

Indifférence

Indifférence
Je ne sais pas pourquoi j'écris cet article. Mais parfois, cette envie peut vous prendre afin de dégager un ressentiment intérieur. Je repensais ainsi à l'autre jour, en allant à Samadet. En entrant dans la forêt des Landes, on pouvait apercevoir les dégâts causés par Eole : tous ces arbres déracinés, ce paysage dévasté...
Mais c'est à Sabres qu'eut lieu l'illumination. En effet, on pouvait voir la direction de Brocas-les-Forges... Tiens Brocas ! Il me semblait bien que ce village avait une histoire taurine, alors le détour s'imposait ! Puis vînt cette route chaotique... Et une question s'empara de moi soudainement ; y-a-t-il eu quelque récente bataille par ici ? Des arbres défoncés, décapités, meurtris, vaincus, et des tranchées, vides de soldats, remplies d'eau sombre. La route ressemblait en effet à un parcours du combattant.
Puis peu à peu, le village se profile : c'est Brocas. Tout cela me semble très coquet : cette église, ce petit lac, ces quelques jolies demeures, cette forêt sauvage. Puis à gauche, il y a un petit chemin, on y voit au fond un vaste bâtiment circulaire tout de bois fait : ce sont les arènes ! Il y a quelques arbres couchés autour, mais ils sont heureusement minoritaires comparés à ceux restés debout. Le moteur s'arrête, il y a ce silence caractéristique des Landes, on peut respirer cette odeur de conifère, et admirer ces charmantes arènes. C'est beau ! Il m'en faut peu me direz-vous. Et cette pensée qui me vient : elles méritent mieux ! Car jadis, de petits organisateurs sont venus proposer des spectacles mineurs, sans suite... Si ! Deux choses sont arrivées à ces arènes : l'abandon et l'indifférence.
Tout cela est frustrant, je pense alors à une course l'été venu, avec de jolis taureaux et des hommes valeureux, l'ombre et le soleil partageant le cercle en deux. Imaginez !
Voilà Brocas-les-Forges, malheureusement à l'abandon, sans course depuis maintenant plusieurs années. Et je me dis que dans quelques heures à Samadet, je verrai des bêtes n'ayant pas fini leur hiver, je les verrai mourir, mourir dans un gymnase, avec des paniers de basket-ball cinq mètres cinquante au-dessus. Je verrai également ce tableau d'affichage typique des salles de sport, et cela me rappelle la belle époque où je faisais du hand, quand on regardait ce foutu panneau, tous les samedis après-midi, dans l'espoir d'y apparaître toujours devant nos adversaires. Mais ceci est le domaine du sport, cela n'a donc rien à voir avec la tauromachie. Pourtant, il y a encore des taureaux dans ce gymnase, tous les ans, en février. Alors qu'à Brocas c'est le vide.
Mais avouons que ça aurait beaucoup plus de gueule de voir des taureaux, ici à Brocas, au c½ur de la Haute Lande, de ce milieu sauvage, avec tous ces pins entourant la plaza en bois. Et puis ce petit village à côté, ce lac... J'imagine cet endroit un jour de grand soleil, avec la luminosité que renvoient les habits des toreros, l'émotion que provoque la combativité de l'animal. Une atmosphère qui vous transporte, et pour le peu que l'on assiste à une belle course... Magnifique non ? De plus, Brocas n'est pas davantage perdu que Samadet, et il y a des chiqueros. Alors que là-bas : au « gymnase », on débarque le corned-beef depuis le camion. Mais peut-être qu'un jour on retournera à Brocas, afin de voir pourquoi pas : quelque chose qui nous laissera rêveurs...

Florent

# Posté le jeudi 12 février 2009 20:09

Modifié le lundi 23 février 2009 19:31