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Céret (Pyrénées-Orientales) - Dimanche 13 Juillet 2008 - 11h - Novillada

Céret (Pyrénées-Orientales) - Dimanche 13 Juillet 2008 - 11h - Novillada
TROIS PIETONS SUR LE PASSAGE

Après une corrida interrompue la veille laissant le ruedo dans un état chaotique, l'édition 2008 de Céret de Toros proposait le dimanche matin une novillada du fer de Bucaré. Alors que les areneros ont formidablement réussi à évacuer l'eau qui inondait la piste et que le ciel semblait épargner Céret à onze heures du matin, la novillada pouvait dès lors commencer dans les meilleures conditions. Pour entrer dans le vif du sujet, on pourra dire que cette novillada a été très intéressante et qu'elle a plu aux aficionados présents même si elle a été gâchée par des picadors méconnaissables.
Les aficionados en quête de tauromachie authentique n'eurent pas à attendre et ils furent servis avec Corsito, le premier bicho de la matinée qui fit preuve de caste tout d'abord en trois piques. Le novillero Antonio Nazaré ne démérita pas et fit étalage de bonnes dispositions à la cape comme à la muleta, notamment avec une bonne entame par doblones et des séries droitières. Mais il ne se hissa pas à la hauteur du Bucaré, un novillo encasté qui termina le combat en développant du genio. Et alors qu'il aurait pu récolter une belle ovation, Nazaré écouta quelques sifflets faute à un infâme bajonazo. Vuelta posthume accordée à Corsito que l'on pourrait contester, mais lorsque l'on sait que peu de toros prennent trois piques avec une telle bravoure...
Face au quatrième qui aurait pu sortir en corrida de toros, Antonio Nazaré confirma son statut d'excellent capeador, son piquero connut toutefois moins de réussite. Après un début timide à la muleta, le novillero montra qu'il possédait un certain bagage technique et artistique mais il resta prudent face à un adversaire pourtant maniable. Une oreille au final et de jolis détails proposés par Antonio Nazaré, mais le fait d'affronter le toro de plus près et d'oublier le pico aussi cela compte...
Alberto Lamelas a quant à lui déçu, il n'a pas fait preuve du courage et de l'entrega prouvés l'an passé à Parentis. On pourra également dire sans langue de bois que le novillero originaire de Jaén est entouré d'une cuadrilla déficiente. Il reçut son premier Bucaré par deux largas à genoux, assez adroit banderilles en mains, il ne domina pas son sujet et la vaillance ne masqua pas son manque de technique. Superior devenant ainsi compliqué et court de charge. Alberto Lamelas tua à la cinquième reprise, les deux premières al recibir.
Le cinquième fut mal lidié et le lancier du novillero écouta une jolie bronca, les possibilités offertes par le Bucaré ne furent pas saisies par Alberto Lamelas, emprunté et pas dans son meilleur jour, et comme il tua mal... Le piéton, déçu et décevant, quitta Céret à la mort de ce novillo pour toréer à Las Ventas le soir.
On n'a donc pas retrouvé le haut degré d'entrega présenté par Lamelas à Parentis, mais du courage, il en a fallu à Christopher Fourcart pour aller s'agenouiller à portagayola, alors qu'il ne s'agissait que de sa quatrième novillada en trois années passées dans l'escalafon novilleril. Visiblement peu à l'aise, il ne domina pas le troisième pourtant docile, ni le sixième, qui était tout à fait abordable avec plus d'oficio. Il écouta quelques sifflets pour sa prudence et son non engagement au sixième, et tua lamentablement les deux fois. L'accompagnant dans l'infortune son puntillero et son picador du jour, Lauri Monzon et Olivier Riboulet, hors du coup et apathiques en terme de lidia. Je ne me permettrai pas cependant de commenter la suite de la carrière du franco-sévillan Christopher Fourcart, mais est-ce que se rendre à Céret pour sa quatrième novillada piquée est raisonnable?
Après une novillada fort intéressante mais au-dessus des hommes, le mayoral fut invité à saluer. On pourra donc faire le récit des fortunes diverses de trois piétons totalement différents, car plus ou moins aguerris, mais qui ont tous trois toréé sur le passage. Et pour finir sur un constat inquiétant : combien de novilleros sur l'ensemble de l'escalafón peuvent être à la hauteur de ce type de novillada?

Céret (Pyrénées-Orientales) - Dimanche 13 Juillet 2008 - 11h - Novillada

6 Novillos de Bucaré, bien présentés, prenant un total de 17 piques avec bravoure, encastés et proposant de nombreuses possibilités. Vuelta al ruedo au premier Corsito.

Antonio Nazaré (bleu roi et or) : division d'opinions et 1 oreille
Alberto Lamelas (blanc et or) : silence et silence après avis
Christopher Fourcart (gris perle et or) : silence et silence

Novillos de Bucaré
1. Corsito / n°59 / cárdeno oscuro / 500 kg (né en novembre 2004) / 3 piques
2. Superior / n°61 / cárdeno oscuro bragado / 470 kg (né en septembre 2004) / 3 piques
3. Montanés / n°30 / cárdeno oscuro bragado / 470 kg (né en septembre 2004) / 3 piques
4. Pellejero / n°39 / negro entrepelado bragado / 480 kg (né en janvier 2005) / 3 piques
5. Morisqueño / n°23 / cárdeno oscuro bragado / 440 kg (né en novembre 2004) / 3 piques
6. Avinado / n°67 / cárdeno oscuro bragado / 530 kg (né en novembre 2004) / 2 piques

Novillada de "Céret de Toros" 2008. Ciel voilé avec éclaircies et température agréable. Trois quarts d'arène. Président : Mariano de Damas. Durée : 2h25. Salut du mayoral après la course. Alberto Lamelas a quitté la plaza à la mort du cinquième.

(Photo : Antonio Nazaré face au quatrième)

Florent
# Posté le samedi 19 juillet 2008 07:19
Modifié le lundi 21 juillet 2008 15:17

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