En réalisant sa bande dessinée mondialement connue « Astérix », René Goscinny ne s'était sûrement pas imaginé qu'un jour, sa fiction s'adapterait dans un tout autre registre à la réalité. Car à chaque fois que j'évoque le nom de Céret sur l'échiquier taurin, la première image qui me vient en tête, c'est celle d'un village d'irréductibles, comme dans la BD française... On le sent de plus en plus, mais la corrida perd en diversité ces derniers temps et est parfois reléguée au rang de spectacle à la mode malgré des actions naissantes visant à sa protection. Car ne l'oublions pas, la tauromachie avant d'être un art, c'est d'abord un combat. Même si Céret a une importance infime sur la saison taurine européenne, c'est bien là-bas que les valeurs mères de la corrida y sont défendues. L'association des aficionados cérétans a bien sûr connu des fracasos, on peut citer le plus explicite, celui de Vaz Monteiro présenté en 2002, mais quelle est la faute ? Est-ce un délit de vouloir innover ou même de dépoussiérer ? En contrepartie, l'association a aussi connu ses heures de gloires en révélant véritablement deux ganaderías, celles de Adolfo Martín et de Fernando Palha. Cette année sera marquée par le retour des élevages paralysés par la langue bleue pendant trois longues années, ainsi on retrouvera à Céret les devises de Prieto de la Cal, Bucaré, Hernández Pla et Escolar Gil pour espérons-le, un grand cru. A l'heure où l'on parle de défense de la culture taurine, je pense que les cérétans à eux seuls assument cette volonté de préserver les valeurs de la corrida, et que l'on soit tomasiste ou torerista, on ne peut en aucun cas le leur enlever cela ou pire encore, les dénigrer.
Florent
(Cliché du photographe officiel de Céret de Toros, l'espagnol David Cordero, avec ici une photo d'un exemplaire de Fernando Palha « Herdeiros de Doña Maria Do Carmo Palha » combattu en l'an 2000)
P.S : L'édition 2008 de Céret de Toros aura lieu du Samedi 12 au Lundi 14 Juillet