Depuis, et même si ce phénomène existait déjà avant les années 1960, celui-ci s'est très fortement développé en péninsule Ibérique, et également en France.
Pour revenir à l'actualité donc, hier, je regardais et ce grâce à un site français spécialisé dans les vidéos de corridas, le spectacle proposé ce Jeudi 1er Mai dans les arènes de Palavas-les-Flots. Bien sûr, je m'attendais à cette présentation des « toros », commodes de têtes et aux cornes abîmées, arrondies voire éclatées. Une présentation tout à fait scandaleuse et des toritos face auxquels se sont opposés deux toreros de renom, El Juli et Juan Bautista. Face à ce bétail inapte même pour une novillada piquée, il y eut une pluie d'oreilles mais surtout pas de tercios de varas, les becerros étant faibles de surcroît.
Le constat est donc dressé, mais là n'est pas le plus choquant... Le soir de la course, le portail taurin espagnol le plus visité annonce une corrida « correctement présentée » et avec effroi, André Viard – et je n'ai aucune dent contre lui – avance dans son édito que ce type de corrida est défendable et qu'il doit exister. Que l'on soit torista, torerista ou tout simplement que l'on aime la corrida, on ne peut pas cautionner de telles choses ; et qui plus est lorsque l'on est président d'un « Observatoire des Cultures Taurines », on doit avant tout faire le ménage devant sa porte et ne pas aller dans le sens d'un « festival taurin en habit de lumières » qui n'ayons pas peur des mots, est indéfendable. Il est aussi regrettable que deux toreros de rang se soient mis devant un bétail de piètre prestation et « illidiable », car un toro doit supporter les deux premiers tiers prévus au règlement. Et si je parle de cela, c'est parce que j'en ai eu un parfait contre-exemple il y a à peine une semaine, en effet à San Sebastián, un toro de Zalduendo [ qui n'est pas un élevage de toros guerriers ] a reçu trois piques correctes et a tenu sur ses pattes au troisième tiers, mais quel pourcentage ce type de toros représente-t-il dans des ganaderías comme Zalduendo ou Juan Pedro Domecq ? Si tous les toros de ces élevages avaient la présentation de celui de San Sebastián voire même à un degré moindre, cela pourrait être acceptable, mais ce n'est en aucun cas respectueux de présenter des bêtes telles que celles de Palavas pour une corrida de toros, elles peuvent l'être à mon sens, mais uniquement en festival. Le 26 Avril, l'organisateur de Palavas Vincent Ribera avait pourtant présenté une belle corrida de Piedras Rojas, avec des armures respectables, pourquoi ne pas en avoir fait de même pour la course du jeudi suivant ? Il faudrait ainsi travailler sur un trapío correct [ au véritable sens de la définition ] avec des cornes et pas d'excès de poids et de graisse, mais tant que ce type de bovin se vendra, pourquoi arrêter ? Enfin et pour détail amusant, on dit trop souvent qu'il faut réduire le tercio de piques car il est destructeur pour le toro : oui mais, pourquoi alors ne pas présenter des toros qui peuvent supporter ce dit tercio de piques au lieu de vouloir le supprimer ? Productivité ou Afición ?
Aussi, j'espère et à titre légitime que la « corrida » de Palavas recevra son prix de la part de l'ANDA en fin de saison : égoïne, rape ou lime...
En tout cas et pour finir sur une note positive, on peut féliciter les organisateurs de Beaucaire, Istres et La Brède de vouloir apporter plus de sérieux dans les corridas qu'ils présentent, c'est la fiesta brava qui y gagne, suerte à vous !
Florent
(Photo : un Raso de Portillo, ses frères fouleront le sable de Parentis cet été...)
