Récit de trois jours au fief du toro

Récit de trois jours au fief du toro
Le cru 2008 de Céret de Toros a été une réussite tout d'abord pour les organisateurs qui ont à chaque fois réalisé de belles entrées, le public est quant à lui sorti assez satisfait des trois courses et demi auxquelles il a pu assister. L'heure est maintenant pour moi au récit d'un bilan de cette feria, mais d'un côté assez personnel reflétant mon avis global.
Céret de Toros fêtait cette année sa 21ème édition, et 21 bêtes à cornes sont sorties en piste ! On a également pu voir 58 piques, pour moi, cette feria au pays de la cerise, c'était aussi trois superbes jaboneros de Prieto de la Cal qui ont été gaspillés à cause d'un type espagnol qui n'en avait que faire de reporter la course au lundi matin. Pour ces trois jours passés à Céret, j'ai pu de nouveau apprécier la Cobla Mil.lenaria, quatre ans après ma dernière venue, avec notamment Els Segadors avant le paseo et la Santa Espina à la mort du cinquième toro. De manière plus taurine, j'ai beaucoup aimé le Chano qui a salué deux fois après quatre paires de banderilles venues d'ailleurs. Mais j'ai également apprécié la présentation en piste de tous les toros de la feria, les bichos diminués au débarquement étant mis de côté. La corrida de Hernández Pla ne m'a pas déçu puisqu'elle a été intéressante de bout en bout malgré un dernier toro présentant une anomalie visuelle. Dans le jeu, j'ai aimé la novillada de Bucaré et la corrida d'Escolar. Pour les toreros, la présence du maestro Luis Francisco Esplá malgré son éternelle roublardise, Sergio Aguilar pour son honnêteté face au second Escolar et l'attitude guerrière de Rafaelillo le samedi à la piscine. David Mora a été assez vaillant même si il a complètement abandonné face au troisième toro du lundi. On pourra toujours discuter des deux vueltas al toro accordées, pour moi on a vu bien pire mais le plus important, ce sont les tercio de varas et les émotions offertes par Corsito et Mimoso. L'ambiance autour des arènes était également très bonne et j'ai passé de bons moments avec mes amis aficionados qui se reconnaîtront. Fernando Robleño et Alberto Lamelas m'ont assez déçu avec ce que j'avais pu voir par le passé, j'espère que ce n'est qu'une mauvaise passe. Par contre, la présence de Luis Vilches et de Christopher Fourcart m'a assez déplu même si leur passage était une obligation au regard du petit nombre de contrats qu'ils ont, c'était la seconde corrida de Vilches cette année et la première novillada de la temporada du jeune franco-sévillan. Mettre Christopher Fourcart face à une telle novillada, c'était savoir d'avance qu'il ne serait pas à la hauteur au vu de son métier, et je pense que le résultat aurait été le même si l'on avait mis un novillero sans picador à sa place, mais bien heureusement, il n'y a pas eu d'accident car cela aurait pu arriver si les Bucaré avaient été plus hostiles. Antonio Nazaré a été très bon techniquement mais il semble déjà connaître les ficelles du métier et la est le problème, car son toreo un peu lointain au quatrième novillo a berné pas mal de monde, par contre il a été rattrapé par la patrouille pour son vilain bajonazo. Les picadors m'ont fortement déçu et n'ont pour une écrasante majorité pas fait leur boulot, en particulier Olivier Riboulet et Manuel Montiel, ce dernier membre de la cuadrilla de Fernando Robleño sortant du ruedo avec un grand sourire aux lèvres malgré la bronca, dommage, car une petite amende, cela fait sûrement moins rire les sagouins. La célébration de la corrida du samedi provoquera longtemps des remous et l'attitude de Francis Manent de ne pas élever sa voix pour reporter la corrida est bien décevante, car on savait d'avance que l'on ne verrait qu'un simulacre de lidia dans des marécages. Pour en finir avec les points négatifs, je me dois aussi de dire que les puntilleros ont été globalement mauvais. Autre moment fort de « ma » feria, c'était le jeudi avec la visite des toros aux corrales, et particulièrement la rencontre avec Combilón porteur du numéro 23 et appartenant à la ganadería de Prieto de la Cal, une magnifique estampe qui aurait dû sortir en quatrième position le samedi et dont on ne saura jamais ce qu'il aurait fait en piste. A mon avis, ce toro sortait du lot de par sa présence (agenouillé sur la photo). Enfin, lundi 14 vers 20h30 la Feria s'est terminée, et le regard habituellement si sombre de Jean-Louis Fourquet s'est éclairci et son visage a laissé place à un sourire, signe de satisfaction. Alors peut-être à l'année prochaine mais surtout vive Céret de Toros !

Florent
# Posté le mercredi 23 juillet 2008 07:39
Modifié le mercredi 23 juillet 2008 15:53

Céret (Pyrénées-Orientales) - Lundi 14 Juillet 2008 - 18h - Corrida

Céret (Pyrénées-Orientales) - Lundi 14 Juillet 2008 - 18h - Corrida
LE BOUQUET FINAL

Cette corrida de clôture de la 21ème édition de Céret de Toros restera sûrement dans les mémoires des aficionados présents et ce pour la simple raison qu'il y avait des Toros en piste, matière qui manque quelque peu ces derniers temps dans les ruedos. Nous étions le 14 Juillet, mais avant le paseo, c'est bien l'hymne catalan qui a été joué par la cobla ! Tout a commencé par une magnifique standing ovation adressée à Luis Francisco Esplá grièvement blessé dans les mêmes arènes il y a presque un an jour pour jour. Ses deux compagnons de cartel qui remplaçaient El Fundi ont eux aussi été invités à saluer. Mais les aficionados pourront éternellement regretter le non lieu du mano a mano Esplá / El Fundi !
Probablement présent pour son ultime paseo cérétan, Esplá fit preuve de métier tout le long de ses deux combats et ce malgré son âge et les blessures qui l'ont diminué. Il accueillit bien son premier Escolar Gil avant de proposer un second tiers rondement mené avec un violin por dentro final. Esplá fut gêné par le vent à la muleta face à ce toro qui plus est difficile, téméraire malgré ses cinquante printemps, il réussit à donner quelques muletazos avec courage puis tua d'une épée un peu tombée et d'un descabello très professionnel. Il dédia le quatrième au docteur qui l'avait pris en charge l'an passé à la suite de son effroyable accident. Là aussi remarquablement présenté, le Escolar domina les débats mais Esplá fit pourtant preuve de beaucoup de métier avec de superbes muletazos à droites comme à gauche et d'une fin de trasteo par statuaires. Il estoqua
Cantito I d'un pinchazo hondo et d'un golletazo que l'afición cérétane lui pardonna, il donna un dernier salut au centre sous une belle ovation.
Très en vue à Vic face au même élevage, Sergio Aguilar fut loin d'être ridicule et donna même de bons moments. Son premier toro était dangereux et sema le trouble en piste lors des deux premiers tiers, mais cela ne sembla pas l'atteindre puisqu'il prit beaucoup de risques à la muleta et toréa avec vaillance et technique malgré un genio omniprésent. A noter que le torero est très honnête et se recroise toujours, il fut un peu secoué à la mort en tuant d'une épée contraire au deuxième essai. Vuelta pour Sergio Aguilar qui aurait pu couper une oreille avec plus d'adresse au moment de vérité, arrastre très applaudi du toro de Escolar Gil. Mais le grand moment de la Feria vînt avec le cinquième toro, veleto du nom de Mimoso qui éclipsa il est vrai Sergio Aguilar. Le bicho reçut quatre piques avec chaque fois plus de bravoure, ce qui fit passer beaucoup d'émotion dans les tendidos. Brave en début de faena, le toro connut une baisse de régime ensuite et le torero ne fut pas à la hauteur et n'arriva pas à l'exploiter parfaitement comme aurait pu le faire un Cid ou un Fundi. Sergio Aguiar tua en quatre temps et son adversaire fut honoré d'un tour de piste posthume très applaudi.
L'autre remplaçant du jour était David Mora qui resta sur place après son contrat de la veille. Il ne voulut pas voir le troisième, pourvu d'un sabre en guise de corne gauche et vite avisé et dangereux. Escritor reçut cinq piques et le torero de peu d'expérience alla directement chercher l'épée puis enfouit un bajonazo sans même avoir tenté quelques muletazos. A noter que le banderillero El Chano salua comme la veille après deux paires "maison". David Mora profita en revanche du dernier, le meilleur de l'après-midi pour le toreo, brave à la muleta, David Mora réussit à donner de belles séries surtout à droite et coupa la seule oreille de la tarde après une bonne entière sin puntilla. Grande ovation au toro et pétition de vuelta.
Intéressante clôture de la Feria de Céret là encore, avec des toros qui ont de nouveau dominé les débats, on aurait beaucoup aimé voir la confrontation Esplá / El Fundi mais c'était sans compter sur un Miura combattu la veille à Pamplona. Les deux remplaçants Aguilar et Mora n'ont quant à eux pas démérité, et pour finir sur une belle image, les membres de l'ADAC firent une haie d'honneur à Luis Francisco Esplá qui quitta la plaza sous une chaleureuse ovation, adios maestro ! Quant à Céret de Toros, à l'année prochaine !

Céret (Pyrénées-Orientales) - Lundi 14 Juillet 2008 - 18h - Corrida

6 Toros de Don José Escolar Gil, magnifiquement présentés et armés, charpentés, prenant un total de 21 piques sans véritable engagement, excepté le 5ème, brave. Ils donnèrent un jeu inégal à la muleta, le premier court de charge et difficile, les 2ème, 3ème et 4ème dangereux et avisés, brave mais baissant d'un ton le 5ème et brave le dernier. Vuelta al ruedo posthume au cinquième Mimoso.

Luis Francisco Esplá (lie de vin et or) : applaudissements et salut au centre
Sergio Aguilar (pin parasol et or) : vuelta et silence après avis
David Mora (violette et or) : silence et 1 oreille après avis

Toros de Escolar Gil
1. Galante / n°53 / cárdeno bragado / 540 kg (né en novembre 2003) / 3 piques
2. Violonisto / n°29 / cárdeno bragado / 560 kg (né en octobre 2003) / 3 piques
3. Escritor / n°61 / cárdeno bragado / 530 kg (né en avril 2004) / 5 piques
4. Cantito I / n°45 / cárdeno oscuro bragado / 560 kg (né en octobre 2003) / 3 piques
5. Mimoso / n°56 / cárdeno bragado / 530 kg (né en février 2004) / 4 piques
6. Cordinero II / n°62 / cárdeno bragado / 550 kg (né en février 2004) / 3 piques

Troisième et dernière Corrida de "Céret de Toros" 2008. Temps estival mais vent parfois gênant. Arènes pleines. Durée : 2h25. Prix au meilleur picador attribué à El Bala qui officia face au cinquième. Vicente Yangüez "El Chano" a salué après avoir banderillé le troisième. Esplá a dédié le quatrième au docteur qui l'a pris en charge l'an passé, David Mora a lui dédié le sixième à José Escolar Gil qui a salué à la fin du combat. Sergio Aguilar et David Mora remplaçaient El Fundi, blessé la veille à Pamplona. Salut du mayoral à la fin de la course.

(Photo : Mimoso à la pique)

Florent
# Posté le mardi 22 juillet 2008 07:00
Modifié le mercredi 23 juillet 2008 06:22

Céret (Pyrénées-Orientales) - Dimanche 13 Juillet 2008 - 18h - Corrida

Céret (Pyrénées-Orientales) - Dimanche 13 Juillet 2008 - 18h - Corrida
UNE TARDE DE TOROS

Nous vivons à une époque où la corrida subit d'importantes modifications, on veut privilégier les faenas à deux cent passes en réduisant à tout prix l'épreuve des piques. Et même si ce type de corrida semble la plus rentable pour une grande partie du mundillo, les autres courses, comme celles de Céret par exemple, sont qualifiées de bueyadas par certains revisteros complaisants qui appellent carnes les toros difficiles. Mais on ne peut en aucun cas dire que la corrida de Hernández Pla combattue à Céret ce dimanche était mauvaise, et le débat commence ici. Bien que moins sauvage qu'il y a quatre ans au même endroit, l'encierro est également reparti avec ses douze oreilles mais s'est comporté en toros !
On a ainsi retrouvé Fernando Robleño au poste inédit de chef de lidia de cette course d'encaste Santa Coloma. C'est son picador José Palomares qui s'est distingué le premier en piquant correctement le bicho à deux reprises. Le triomphateur des éditions 2002 et 2003 toréa avec prudence et sans risques son adversaire de peu de transmission et aux charges assez courtes, il salua après une mise à mort en deux temps. Le quatrième possédait un magnifique port de tête, très astifino, mal piqué mais face auquel Robleño fut vaillant car devant s'opposer à un danger sournois. A l'image de la corrida, le Hernández Pla resta maître du rond, et le torero tira quelques muletazos droitiers à ce toro qui se retournait assez vite. Nouveau salut de Robleño mais déception du public qui attendait mieux de lui car le toro demandait davantage de dominio.
Désormais perdu dans les profondeurs de l'escalafón, Luis Vilches toucha un magnifique second et se fit voler la vedette par son picador Francisco Vallejo qui remporta le prix après trois bons puyazos même si le toro manquait un peu d'allant. Vilches visiblement peu serein ne fit que reculer muleta en main et alla directement chercher l'épée sous les sifflets. Effort à peine perceptible au cinquième où il afficha une nette distance de sécurité, il quitte Céret sur la pointe des pieds...
David Mora fut quant à lui la bonne surprise du jour, il montra de beaux gestes à la cape face à un magnifique cárdeno claro. Le toro fut le seul de l'après-midi à recevoir une seule pique et fut protesté par une petite partie du public. Mora se montra ensuite vaillant à la muleta face à un Hernández Pla court de charge mais offrant des possibilités qui ont été exploitées par le torero. Il offrit alors les meilleurs moments de la tarde et perdit un trophée après une entière atravesada et trois descabellos, le toro mourrut bouche fermée. Le dernier était également superbe mais sa lidia fut bien différente de celle de ses congénères et les vingt minutes qu'il passa dans le ruedo constituèrent un gran extraño. Car si il fut mal piqué par Ignacio María González puis excellement banderillé par El Chano, c'est à la muleta que le public ainsi que David Mora purent s'apercevoir que le toro présentait un défaut de vue - on apprendra plus tard qu'il s'agissait d'un oedème cérébral - totalement arrêté et la tête haute, il semblait regarder dans le vide et ignorer le torero, scène incroyable ! David Mora eut toute les peines du monde pour le tuer et réussit finalement à mettre un bajonazo...
On a donc pu assister à une véritable tarde de toros où l'on ne s'est ennuyé à aucun moment ! Les toros paraissant comme des coffres forts face auxquels il fallait se mettre afin d'en tirer quelques muletazos car ils présentaient un réel danger, les plus mauvaises langues vous diront que c'était une corrida intoréable d'un autre âge. Le moins que l'on puisse dire, c'est que ce genre de course change radicalement de l'ordinaire, et cela n'est pas un mal !

Céret (Pyrénées-Orientales) - Dimanche 13 Juillet 2008 - 18h - Corrida

6 Toros de Hernández Pla, magnifiquement présentés et très armés, corpulents, ils prirent un total de 12 piques. Compliqués et dangereux à divers degrés à la muleta, le plus abordable fut le troisième. Le dernier affublé d'un défaut de vue.

Fernando Robleño (fonds marins de la côte Vermeille et or) : salut après avis et salut après avis
Luis Vilches (ciel dégagé par la Tramontane et or) : sifflets et silence après avis
David Mora (lilas du Vallespir et or) : salut après avis et silence après avis

Toros de Hernández Pla
1. Dominico / n°11 / cárdeno bragado y careto / 530 kg (né en août 2003) 2 piques
2. Palmero II / n°6 / cárdeno salpicado careto botinero y coliblanco / 530 kg (né en septembre 2003) 3 piques
3. Tomizo / n°19 / cárdeno claro careto botinero y coliblanco / 530 kg (né en septembre 2003) 1 pique
4. Marismeño / n°12 / cárdeno claro careto botinero y coliblanco / 520 kg (né en août 2003) 2 piques
5. Costurero / n°20 / cárdeno claro careto / 530 kg (né en août 2003) 2 piques
6. Aguadulce / n°16 / cárdeno salpicado careto y botinero / 520 kg (né en août 2003) 2 piques

Seconde Corrida de "Céret de Toros" 2008. Temps couvert, petite pluie juste avant le paseo. Arènes presque pleines. Président : Francisco Javier Molero. Durée : 2h15. Le prix Bernard Bertagne récompensant le meilleur picador a été attribué à Francisco Vallejo pour sa prestation face au deuxième Hernández Pla. David Mora a dédié le sixième à Juan Carlos Carreño. Vicente Yangüez "El Chano" a salué après avoir banderillé le sixième.

(Photo : David Mora face au troisième Hernández Pla)

Florent
# Posté le lundi 21 juillet 2008 17:18
Modifié le lundi 21 juillet 2008 19:11

Céret (Pyrénées-Orientales) - Dimanche 13 Juillet 2008 - 11h - Novillada

Céret (Pyrénées-Orientales) - Dimanche 13 Juillet 2008 - 11h - Novillada
TROIS PIETONS SUR LE PASSAGE

Après une corrida interrompue la veille laissant le ruedo dans un état chaotique, l'édition 2008 de Céret de Toros proposait le dimanche matin une novillada du fer de Bucaré. Alors que les areneros ont formidablement réussi à évacuer l'eau qui inondait la piste et que le ciel semblait épargner Céret à onze heures du matin, la novillada pouvait dès lors commencer dans les meilleures conditions. Pour entrer dans le vif du sujet, on pourra dire que cette novillada a été très intéressante et qu'elle a plu aux aficionados présents même si elle a été gâchée par des picadors méconnaissables.
Les aficionados en quête de tauromachie authentique n'eurent pas à attendre et ils furent servis avec Corsito, le premier bicho de la matinée qui fit preuve de caste tout d'abord en trois piques. Le novillero Antonio Nazaré ne démérita pas et fit étalage de bonnes dispositions à la cape comme à la muleta, notamment avec une bonne entame par doblones et des séries droitières. Mais il ne se hissa pas à la hauteur du Bucaré, un novillo encasté qui termina le combat en développant du genio. Et alors qu'il aurait pu récolter une belle ovation, Nazaré écouta quelques sifflets faute à un infâme bajonazo. Vuelta posthume accordée à Corsito que l'on pourrait contester, mais lorsque l'on sait que peu de toros prennent trois piques avec une telle bravoure...
Face au quatrième qui aurait pu sortir en corrida de toros, Antonio Nazaré confirma son statut d'excellent capeador, son piquero connut toutefois moins de réussite. Après un début timide à la muleta, le novillero montra qu'il possédait un certain bagage technique et artistique mais il resta prudent face à un adversaire pourtant maniable. Une oreille au final et de jolis détails proposés par Antonio Nazaré, mais le fait d'affronter le toro de plus près et d'oublier le pico aussi cela compte...
Alberto Lamelas a quant à lui déçu, il n'a pas fait preuve du courage et de l'entrega prouvés l'an passé à Parentis. On pourra également dire sans langue de bois que le novillero originaire de Jaén est entouré d'une cuadrilla déficiente. Il reçut son premier Bucaré par deux largas à genoux, assez adroit banderilles en mains, il ne domina pas son sujet et la vaillance ne masqua pas son manque de technique. Superior devenant ainsi compliqué et court de charge. Alberto Lamelas tua à la cinquième reprise, les deux premières al recibir.
Le cinquième fut mal lidié et le lancier du novillero écouta une jolie bronca, les possibilités offertes par le Bucaré ne furent pas saisies par Alberto Lamelas, emprunté et pas dans son meilleur jour, et comme il tua mal... Le piéton, déçu et décevant, quitta Céret à la mort de ce novillo pour toréer à Las Ventas le soir.
On n'a donc pas retrouvé le haut degré d'entrega présenté par Lamelas à Parentis, mais du courage, il en a fallu à Christopher Fourcart pour aller s'agenouiller à portagayola, alors qu'il ne s'agissait que de sa quatrième novillada en trois années passées dans l'escalafon novilleril. Visiblement peu à l'aise, il ne domina pas le troisième pourtant docile, ni le sixième, qui était tout à fait abordable avec plus d'oficio. Il écouta quelques sifflets pour sa prudence et son non engagement au sixième, et tua lamentablement les deux fois. L'accompagnant dans l'infortune son puntillero et son picador du jour, Lauri Monzon et Olivier Riboulet, hors du coup et apathiques en terme de lidia. Je ne me permettrai pas cependant de commenter la suite de la carrière du franco-sévillan Christopher Fourcart, mais est-ce que se rendre à Céret pour sa quatrième novillada piquée est raisonnable?
Après une novillada fort intéressante mais au-dessus des hommes, le mayoral fut invité à saluer. On pourra donc faire le récit des fortunes diverses de trois piétons totalement différents, car plus ou moins aguerris, mais qui ont tous trois toréé sur le passage. Et pour finir sur un constat inquiétant : combien de novilleros sur l'ensemble de l'escalafón peuvent être à la hauteur de ce type de novillada?

Céret (Pyrénées-Orientales) - Dimanche 13 Juillet 2008 - 11h - Novillada

6 Novillos de Bucaré, bien présentés, prenant un total de 17 piques avec bravoure, encastés et proposant de nombreuses possibilités. Vuelta al ruedo au premier Corsito.

Antonio Nazaré (bleu roi et or) : division d'opinions et 1 oreille
Alberto Lamelas (blanc et or) : silence et silence après avis
Christopher Fourcart (gris perle et or) : silence et silence

Novillos de Bucaré
1. Corsito / n°59 / cárdeno oscuro / 500 kg (né en novembre 2004) / 3 piques
2. Superior / n°61 / cárdeno oscuro bragado / 470 kg (né en septembre 2004) / 3 piques
3. Montanés / n°30 / cárdeno oscuro bragado / 470 kg (né en septembre 2004) / 3 piques
4. Pellejero / n°39 / negro entrepelado bragado / 480 kg (né en janvier 2005) / 3 piques
5. Morisqueño / n°23 / cárdeno oscuro bragado / 440 kg (né en novembre 2004) / 3 piques
6. Avinado / n°67 / cárdeno oscuro bragado / 530 kg (né en novembre 2004) / 2 piques

Novillada de "Céret de Toros" 2008. Ciel voilé avec éclaircies et température agréable. Trois quarts d'arène. Président : Mariano de Damas. Durée : 2h25. Salut du mayoral après la course. Alberto Lamelas a quitté la plaza à la mort du cinquième.

(Photo : Antonio Nazaré face au quatrième)

Florent
# Posté le samedi 19 juillet 2008 07:19
Modifié le lundi 21 juillet 2008 15:17

Céret (Pyrénées-Orientales) - Samedi 12 Juillet 2008 - 18h - Corrida

Céret (Pyrénées-Orientales) - Samedi 12 Juillet 2008 - 18h - Corrida
TARDE DE VERAGUAS Y DE PARAGUAS

Après-midi de Veraguas et de parapluies, tel a été le reflet de cette corrida d'ouverture de Céret de Toros qui n'est pas arrivée à son terme faute à des conditions météorologiques excécrables. Il était six heures et des poussières lorsque la Cobla Mil.lenaria entama l'hymne catalan "Els Segadors" qui signifiait alors le début d'une corrida dont l'annulation n'aurait souffert d'aucune contestation. Mais l'ADAC qui avait installé une bâche et surtout les toreros en ont décidé autrement, et la corrida a été très vite faussée par les flaques d'eau qui ont inondé et transformé le ruedo en rizière. Les conditions étaient donc impropres à la lidia et l'on n'a pas pu apprécier à sa juste valeur le comportement des trois magnifiques jaboneros de Prieto sortis en piste. Difficile également de juger les hommes qui ont joué leur vie à chaque instant de la course. Après des protestations d'une partie du public au paseo, la corrida a eu lieu et c'est un très beau jabonero qui a ouvert les hostilités de la piscine cérétane. Il ne se montra en général que peu intéressé par les leurres de Rafaelillo et prit deux piques en se défendant, il permit cependant quelques muletazos au vaillant torero qui effectua l'unique salut de l'après-midi après une demie lame foudroyante. Le second Veragua lui aussi remarquablement présenté entra en piste sous l'orage et la pluie et démolit une partie des talenquères avant de démontrer une certaine puissance en trois rencontres avec le picador Marc Reynaud, Julien Lescarret ne pu ensuite rien prouver au milieu d'une piste impraticable face à un toro devenant avisé. Le troisième destiné à Fernando Cruz était comme ses deux congénères pourvu d'un pelage praliné et c'est face à lui que le madrilène réalisa les meilleurs moments de l'après-midi à la cape. Le reste fut d'un tout autre tonneau car le picador assassina Tortolillo en trois rencontres et quitta les arènes sous la bronca. Le reste, un Prieto développant du genio et face à lui un Fernando Cruz mort de trouille désarmé à de nombreuses reprises et qui tua de trois pinchazos et d'un descabello al recibir extrémement chanceux.
On aurait donc préféré voir cette corrida au sec et la décision de célébrer le festejo fut bien décevante à cause du danger encouru par les toreros mais aussi à cause d'une qualité de lidia nulle et on aurait pu pourquoi pas songer à un report au lundi matin, jour où aucun des trois toreros (Rafaelillo, Julien Lescarret et Fernando Cruz) ne toréait. Quel magnifique lot de Prieto envoyé mais que l'on n'a pas pu apprécier ! Ainsi, comme ils le disent de l'autre côté des Pyrénées : ¡ Qué lástima !

Céret (Pyrénées-Orientales) - Samedi 12 Juillet 2008 - 18h - Corrida

3 Toros de Don Tomás Prieto de la Cal, jaboneros, superbement présentés malgré une pointe abîmée du troisième. Ils prirent un total de 8 piques mais on ne pu les évaluer à la muleta, le premier un peu distrait et les deux autres avisés.

Rafael Rubio "Rafaelillo" (banyuls et or) : salut au tiers
Julien Lescarret (connifère des hauteurs cérétanes et or) : silence
Fernando Cruz (crème catalane et or soutaché de noir) : silence après avis

Toros de Prieto de la Cal
1. Vinatero / n°25 / jabonero / 510 kg (né en décembre 2003) / 2 piques
2. Botinero / n°2 / jabonero / 530 kg (né en octobre 2003) / 3 piques
3. Tortolillo / n°31 / jabonero / 470 kg (né décembre 2003) / 3 piques

Toros non combattus
4. Combilón / n°23 / jabonero / 460 kg (né en décembre 2003)
5. Pajarraco / n°61 / castaño / 520 kg (né en janvier 2004)
6. Rompedor / n°7 / negro bragado meano / 550 kg (né en décembre 2003)
Sobrero de Prieto de la Cal. Aguardentero / n°44 / jabonero / 560 kg (né en février 2004)

Première corrida de "Céret de Toros 2008". Orage et forte pluie dès le paseo qui ont obligé d'interrompre la course à la mort du troisième toro. Arènes presque pleines. Minute de silence au paseo en l'hommage à René Mas, membre de l'ADAC décédé. Président : Francis Manent. Durée : 1h05.

(Photo : La "lidia" du troisième)

Florent
# Posté le vendredi 18 juillet 2008 08:22
Modifié le vendredi 18 juillet 2008 15:35